🏭 Industrie - La verrerie de Tourris


Par Claude Chesnaud


Article réalisé grâce aux recherches de René Vernet, Patricia Calmel-Kobrin, Carole Castillazuelo et Michel Augier en 2013


Verrerie de Tourris



A gauche, la verrerie de Tourris. A droite l'ancienne auberge de Jean Baudissaire (dernier usage du bâtiment vers 1980).


Sous Charles X, d’après le Bulletin des lois de la République française, d’après les Annales des mines (recueil de mémoires sur l’exploitation des mines – Deuxième série – Tome 1 – 1827), nous trouvons, le 5 juillet 1826, l’ordonnance du Roi qui autorise le sieur Tessier d’établir une verrerie à verre blanc, à Tourris, dans la commune de La Valette.


Ordonnance du roi en 1826 autorisant l'établissement d'une verrerie

Annales des Mines – page 341


Selon le cadastre napoléonien du 31 mai 1827, la verrerie de Tourris est signalée. Elle est construite à cheval entre la commune du Revest et la commune de la Valette.

Cadastre Tourris 1827

Cadastre Tourris 1827 détail


Dans « Les Annales de la Société Naturelle de Toulon » (années 1930-31) n°15, selon le manuscrit laissé par Joseph Auzende, en page 51, on lit : « On peut arriver à la Foux du Revest en passant aux Olivières, partie de terrain cultivable en vignes, et venant de là passer aux Sablières, où l’on trouve des galeries souterraines de sablon que l’on expédie aux fabriques de verreries à Gémenos, Marseille, etc … ». Nous sommes au 19ème siècle.




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Broc en verre de Tourris
En 1988, Danièle Foy publie « Le verre médiéval et son artisanat en France méditerranéenne » où on lit (page 31) : « Avant même d'obtenir l'autorisation de créer son atelier à la Valette au quartier de Tourris en 1825, le sieur Tessier s'est assuré l'exploitation de la "grande et belle carrière (de sable) récemment ouverte à Tourris". Bien qu’importante, l’existence de sable immédiatement voisin de la verrerie, n’est pas la cause déterminant la fixation d’un atelier : bien des ateliers du XIXème siècle font transporter leur sable sur plus de cinquante kilomètres.»



Wagonnet de la carrière de sable de Tourris

Wagonnet et son châssis de la carrière de sable de Tourris, mis en valeur par des passionnés le 24 février 2013 (Photographie : Michel AUGIER 2013).

Wagonnet de la carrière de Condorcet

Photographie d’un wagonnet  ressemblant à celui de la carrière de sable de Tourris. Merci à la commune de Condorcet (Drôme) qui nous a aimablement transmis ce cliché.



Source : Société des Amis du Vieux Revest et du Val d'Ardène


ADDENDUM

Autres mentions de la verrerie de Tourris


Carnets de George Sand (sur le présent site)

Enfin nous passons, nous montons toujours, toujours nous arrivons à Turris ou Tourris à 4h. Nous avons mis cinq heures pour faire quatre lieues environ. Ce que nous voyons de Turris consiste dans une verrerie qui ne fonctionne pas et dans quelques maisons adjacentes. Il y a un vieux château et des sablières, tout auprès. Mais je n’ai pas le loisir d’aller voir autre chose que le Coudon. 


Buonaparte au Pas-de-la-Masque (sur le présent site)

Buonaparte connaît bien la région puisqu’il a habité La Valette quelques mois auparavant avec sa mère et ses sœurs lorsqu’il a été chassé de Corse après des élections perdues. Il sait l’importance du Faron, du Coudon et du Revest : d’ailleurs l’armée républicaine stationnera pendant cette période aux Bouisses, au Château et à la Verrerie de Tourris. Il sait qu’il va falloir reprendre le mont Caire et le Pas de la Masque.


Sur le blog Chemin2traverses de Michel Augier (4 mai 2008)

Illustration : Déchets disponibles sur site. Pâte de verre et tesson de verre iriséNous vous présentons ce jour une association surprenante comme on en trouve lors des recherches.
Ce fut le cas lors des investigations conduites pour le site industriel de la Verrerie de Tourris. Cet établissement, qui prenait sa matière première sur le site voisin des actuelles carrières, la Carrière Testoulet, a cessé son activité et demeure sur les limites de notre zone d'intervention. Seuls des résidus de transformation et autres tessons jonchent encore les alentours et justifient de l'activité industrielle déployée jusqu'au milieu du siècle dernier.
Mais revenons à nos croisements de données.
La confection de verres, de verres industriels ou domestiques, passe par la confection de récipients destinés à la fabrication du vin maison. Ainsi sont réalisées les fragiles bonbonnes que l'on va s'empresser ensuite de protéger par de la paille et d'un suremballage en paille tressée, en lattes ou en plastique selon les époques. Figurez-vous que certaines de ces bobonnes, non protégées car plus résistantes, se nomment tourris. Une petite annonce en propose même depuis mi-avril pour la plus récente. Dommage pour nous et pour alimenter notre musée, elles sont au Québec !


Problèmes forestiers en Provence au XVIIIe siècle : http://provence-historique.mmsh.univ-aix.fr/Pdf/PH-1966-16-063_02.pdf

Les verreries, comme les autres fabriques, sont astreintes à autorisation préalable pour couper les arbres. Et le verrier, grand consommateur de bois pour le feu, est considéré à l'époque comme le grand ennemi des forêts. Ce métier est souvent exercé par des gentilshommes besogneux, comme Jerôme de Ferry à Toulon, qui demande beaucoup de pins blancs. L'autorisation est aisément obtenue pour des bois difficiles à transporter : en raison du mauvais état des chemins, la consommation doit être faite sur place.