📖 Le Revest de P. Trofimoff - Les seigneurs du Revest


 Source : Le Revest, Tourris, Val d'Ardène, texte de Pierre Trofimoff en 1963



François d’Arcussia, qui acquit en 1472 le château du Revest, eut un fils : Charles. Celui-ci épousa, le 7 juin 1575, Marguerite de Forbin-Janson.


 

Il est l'auteur de La Fauconnerie de Charles d'Arcussia de Câpre, seigneur d'Esparron de Palières, et du Revest-en-Provence (divisée en quatre parties, avec figures), qui fut rééditée plusieurs fois. Une première fois à Aix, en 1598, in-8°, chez Tholozan. À Paris, en 1604, 1608, 1615 et 1621, in-8°. Ce même ouvrage, divisé en deux parties, dédié au roi, avec «des portraits au naturel des oiseaux », fut édité à Paris, chez Houzsl, en 1627, in-4° : puis à Rouen, en 1644, in-4°.

 

Ce livre, qui est un classique du genre, a obtenu, il y a quelques années, à Paris, Hôtel Drouot, des enchères très élevées. C'est très probablement Charles d'Arcussia qui a fait construire le bâtiment cylindrique connu aujourd'hui sous le nom de « Pigeonnier ».

 

François d'Arcussia eut un autre fils,  prénommé Jean-Baptiste.

 

Le 9 septembre 1480, le domaine seigneurial passe dans la famille de Bertrand de Vintimille, comte de Marseille. Plusieurs familles acquièrent des terres de la Seigneurie et portent alors le titre de coseigneur du Revest; ainsi les Mathei (1501); les Parisiis (1509); les de Vêteris (1554), etc.

 

À sa mort, en 1620, Balthazar de Parisiis (ou de Paris), qui avait acheté la moitié de la terre du Revest, laisse celle-ci, par testament, à son fils (?) Honoré de Thomas et à demoiselle Roxane, sa fille, dame du Luc, mariée à François de Vintimille. François et Roxane de Vintimille eurent une fille, Marie, qui hérita de sa mère.

 

Honoré de Thomas vendit sa part à François de Vintimille, seigneur du Luc, pour la somme de 85.000 livres, le 28 novembre 1644.

 

Quatre ans après, la terre et seigneurie du Revest sont transférées à la famille de Jean de Noble.

 

Écuyer de la ville de Toulon, fils d'Antoine de Noble et petit-fils de Jean I, Jean II de Noble acquit la seigneurie du Revest en 1647, par acte de Jacques aîné, notaire au Luc. En 1643, Jean II de Noble recevait 1.010 livres de la communauté de Toulon pour s'être engagé à renoncer à construire des « engins » (paroirs à drap, moulins, etc.) sur ses terres, au pied de la source de la Foux. Cette défense qui lui était faite était valable pour ses successeurs.

 

Jean de Noble eut plusieurs enfants. L'un d'eux, Joseph, vend une portion de terre à la communauté de Toulon en 1703. Son autre fils, Jean-François de Noble, officier de marine, resta vingt-deux ans titulaire de la seigneurie.

 

Charles, troisième fils de Jean, possédait en 1655, avec son père, «plusieurs pièces de biens» sur le terroir du Revest (livre Terrier).

 

C'est au décès de Jean-François de Noble, en 1739, que la terre et le château du Revest passent dans la famille de M. Louis-Charles de Chalendar de la Motte, capitaine de cavalerie au régiment Royal-Cravatte. Cette terre lui venait de sa tante, Mme Anne-Charlotte de Chalendar.

 

À la mort de L.-C. de Chalendar de la Motte, en 1777, sa veuve, « Dame Magdeleine de Chananeilles du Villard », vendit la terre du Revest à M. Antoine de Brignoles, écuyer de la ville d'Aix.

 

Le prix des terres nobles fut compté pour 27.000 livres, et celui des terres roturières, pour 3.000 livres. Les effets mobiliers furent estimés à 2.000 livres. On compta 1.600 livres pour « les épingles » (gratification que l'acheteur accordait à l'occasion d'une transaction).

 

Au décès de M. Antoine de Brignoles (1813), la seigneurie du Revest devint la propriété de sa fille, Catherine-Ursule de Brignoles, épouse de M. Jean-Louis Reymoneinc (?), capitaine « cartier-maître » du 19ème  Régiment d'Infanterie de Ligne.

 

À la mort de sa femme. M. Reymoneinc laisse de domaine du Revest à sa fille unique, Emée-Marie-Jeanne, épouse de M. Ramonet, docteur en médecine à Aix-en-Provence. À son tour, le docteur Ramonet vendra ses terres et le château à François Arène, qui fut maître du Revest en 1817.

 

En 1818, M. Jean-Joseph-François Allègre achète à Etienne-François Arène ce qui restait des terres de l'ancien fief et le château. Cette vente fut résiliée.

 

Le 15 juin 1825, M. Ramonet vend à M. Jean-Joseph-François Allègre « le restant du domaine » : la maison du four située dans le village... et les masures du haut du village.

 

Au décès de M. Allègre, ses deux fils se partagent les deux lots constitués par les terres et dépendances de l'ancienne Seigneurie (1866). Daniel et Marin Allègre effectuèrent de nombreuses réparations au château, aux bergeries et aux maisons du haut village.

 

De partages en partages, de successions en successions, de ventes en ventes, la terre du Revest fut morcelée au fil des ans. L'importante seigneurie se voyait démembrée, les parcelles de « bosques », celles « complantées de vignes et d'oliviers » étaient, au gré des acheteurs et vendeurs, rattachées ou détachées du domaine ou d'un autre.

 

Le parc même avait vécu. Seule, l'intarissable petite fontaine aux deux vasques (près du lavoir communal) répète aux promeneurs les mêmes choses  qu'autrefois.

Index |Info | Permalien | PDF