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Grands espaces
Calme et verdure
Au pied du Mont-Caume
Vue panoramique sur le village
et la vallée de Dardennes



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♖ Les AVR ont 30 ans !!!


30e Anniversaire des Amis du Vieux Revest

♖ La tour du Revest - Dénomination de la tour


On a longtemps appelé "tour sarrasine" la tour du Revest. Mais depuis quand ? Nul ne le sait. Est-ce récent ? On est en droit de le penser quand on se réfère à la carte postale  qui la présente comme Tour de l'Horloge (cf page de couverture du présent bulletin) Le terme "sarrasin" apparaît au XIe siècle dans la Chanson de Roland. Ce terme est issu du bas latin sarraceni qui désigne  un peuple d'Arabie. C'est un emprunt à l'arabe charqiyin, pluriel de charqi qui signifie "oriental" (charq désigne l'est opposé  à l'ouest  -  gharb, d'où "maghreb").

En architecture on parle de sarrasine par ellipse de herse sarrasine. Ce terme apparaît dans les textes au 16e siècle. Cette herse, composée de pieux ferrés, s'abaissait  entre le pont-levis et la porte d'un château-fort. L'entrée de certaines villes était protégée de la même façon. Quelques-unes  ont gardé l'appellation de portes sarrasines. Dans le Var, on connaît la porte sarrasine de Fayence et celle de Lorgues.

Le parement à bossage n'est peut-être pas étranger à cette appellation  de  "tour sarrasine". Cette façon de traiter la pierre mise en parement a été très employée à la fin des Croisades. Les seigneurs croisés ont trouvé en Palestine, chez les Sarrasins,  des murs de ce type ; ils ont pu en ramener l'idée, à moins que des tailleurs de pierre, adhérents des loges du compagnonnage, ayant connu le Proche-Orient à cette époque, aient reproduit ce qu'ils avaient vu là-bas.

A partir du dernier quart du l3e" siècle, se diffuse rapidement cette technique. On a dit que ces bosses servaient à faire ricocher les boulets  de pierre atteignant le parement. Or il est des bossages en des endroits que ne peuvent atteindre les boulets.  Il semble  plutôt que le bossage soit d'ordre décoratif ; de plus, l'aspect défensif du mur en est renforcé. Dans "Citadelles d'Azur", Bernard Cros, à propos des bossages de la Grosse Tour de Toulon (début l6e siècle) dit que "tous ces signes architectoniques  sont essentiellement symboliques ; ils tendent à affirmer la puissance  de l'ouvrage, que ses maîtres veulent à la fois redoutable  et signe de pouvoir  royal."

Il conviendrait donc désormais de remplacer l'appellation "tour sarrasine", source d'erreurs  d'interprétation, par la dénomination  de "tour médiévale" puisque  le type de construction  permet avec certitude de la situer dans le temps. Il est d'autres tours qui avaient la même fonction de guet, qui sont bâties de la même  façon et à la même époque et qui ne portent pas l'épithète contestée.

J'ajouterai  qu'on trouve en Bourgogne des cheminées dites sarrasines mais elles n'ont rien à voir avec les Sarrasins. Ce terme a été un temps dépréciatif ; il évoquait  ce qui n'était pas conforme à l'usage, étrange. Mot pejoratif aussi : en provençal, une femme aux allures peu modeste est traitée de sarrasino.


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