⚒ Tradition - L'huile et le vin en Provence au temps des Gaulois



 Les cultures de la vigne et de l'olivier, en Provence protohistorique, correspondent à un transfert de technologie du monde grec colonial en direction des communautés gauloises qui peuplaient l'arrière pays marseillais.


Pour la vigne, la découverte de restes végétaux (ceps de vigne, pépins de raisin), d'outils spécifiques (serpettes, couteaux à greffer), d'éléments de pressoir ou d'amphore de facture locale, indiquent une production de vin indigène au moins dès le début du Ve siècle av JC. Elle est également certifiée par la récente mise en évidence près de Marseille et en Languedoc de traces agraires relatives à des plantations de vignoble où l'on utilisait le marcottage, l'une des techniques de reproduction de la vigne.


Pour l'olivier, introduit en Méditerranée par les Phéniciens à partir du XVI siècle avant J-C, outre les macro-restes végétaux (noyaux d'olive), ce sont surtout les vestiges liés à la transformation des olives qui assurent que l'oléiculture se développe sur de nombreux terroirs de la Provence littorale préromaine.


Les plus remarquables sont les éléments de pressoir à l'huile que l'on observe, généralement en situation de remploi, dans nombre de villages protohistoriques provençaux. On trouve d'abord des maies de pressurage, c'est à dire d'épaisses tables de pierre taillée en forme de disques munis de rainures d'écoulement et d'un bec verseur, sur lesquelles étaient écrasées les olives préalablement concassées et empilées dans des scourtins. Le scourtin est une sorte de béret où la pâte d'olive est étalée, et qu'on empile les uns sur les autres avant écrasement.


D'autres pierres sont des contrepoids que l'on suspendait à une poutre de bois faisant levier pour effectuer la pression. Les plus rudimentaires sont de simples rochers percés d'un trou de suspension et appartiennent au type le plus ancien attesté en Grèce et au Proche Orient. D'autres, plus perfectionnés, sont taillés dans des blocs de calcaire et dotés de mortaises de fixation d'un treuil ; elles sont taillées en queue d'aronde sur la face latérale comme le montrent les blocs trouvés dans les huileries d'Entremont.


Datés pour les plus anciens du début du IVe siècle av JC, ces vestiges appartiennent à des huileries formant autant de petites unités de production indigènes, installées au sein même des maisons dont le rendement paraît encore assez faible par rapport aux installations de l'époque romaine.


Le développement précoce de ces nouvelles cultures dans la région de l'étang de Berre, dans un secteur particulièrement impliqué dans les échanges avec Marseille, répond sans doute pour une grande part à la satisfaction des besoins de la colonie grecque. On peut imaginer que placée sous le contrôle direct ou indirect des Marseillais, la production indigène d'huile et de vin constitue, alors, l'un des principaux facteurs de croissance des habitats gaulois du littoral.


Au XVIIIe siècle, la production de l'huile d'olive en Provence, n'aura que peu changé...


Source : Site archéologique de Saint Blaise

Les premières cultures de vignes du genre Vitis sont attestées dès le VIe millénaire av. J.-C. Elles sont localisées en Georgie.
Quant à l'olivier il était aussi connu dès le VIe millénaire av J.C. Il était cultivé en Asie mineure.


Source  : Archives du blog de Rando Var, 3 avril 2016, avec leur aimable autorisation




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