🖋 1918 - 2018 Centenaire de l'armistice - La population du village à la veille de la guerre



Répartition de la population

 

EN COURS DE MISE EN PLACE
Dans le cadre du recensement de 1911, le village est divisé en plusieurs secteurs :

  • Le village : Place Meiffret et Avenue (des platanes), Rue de la Paix, Rue Carnot, Rue Gambetta, Rue Grande, Rue de la Tour, Rue Jeanne d’Arc
  • Les hameaux : Le Colombier, Les Lonnes, La Ripelle, Tourris, Dardennes.

Les terroirs du Revest


Grâce aux données recueillies, nous pouvons tracer les grandes lignes de la population du village.
Elle est constituée de 792 individus, 500 français et 292 étrangers parmi lesquels des Italiens, des Espagnols, des Suisses, une femme autrichienne et un homme de nationalité belge.
La majorité vit agglomérée au chef-lieu, c'est-à-dire dans le village et les autres sont disséminés dans les différents quartiers ou hameaux, Le Colombier, Les Lonnes, La Ripelle, Tourris et Dardennes.

 

  Français % Étrangers % Total
Le village 300 66,2% 153 33,7% 453
Le Colombier 36 57,1% 27 42,1% 63
Les Lonnes 11 44% 14 56% 25
La Ripelle 31 67,3% 15 32,6% 46
Tourris 32 66,6% 16 33,3% 48
Dardennes 90 57,3% 67 42,6% 157
TOTAL 500 63,1% 292 36,8% 792



  Nombre de maisons Nombre de ménages Nombre de personnes Moyenne/maison Moyenne/ménage
Le village 107 140 453 4,2 3,2
Le Colombier 8 8 63 7,8 7,8
Les Lonnes 6 7 25 4,1 3,5
La Ripelle 7 10 46 6,5 4,6
Tourris 11 13 48 4,3 3,6
Dardennes 27 37 157 5,8 4,2
TOTAL 166 215 792 4,7 3,6

 

Les Français

Ils sont au nombre de 500, hommes, femmes et enfants dont 188 nés au Revest, soit 37.6% de la population des Français revestois.


Les Revestois nés au Revest habitent plutôt le village (147), et les autres (41) dans les hameaux. 90 personnes sont nées à Toulon et habitent Le Revest, 34 le village et 56 les hameaux. Pour les autres Revestois nés dans les autres communes, et pour ne pas entrer trop dans les détails, commune par commune, nous distinguerons ceux nés dans le Var, 65 en tout, et ceux nés dans les autres communes considérées aujourd’hui comme étant en PACA, 35 individus.

 

Restent 122 personnes, nées dans les autres communes françaises, soit 24.40 % de la population des Revestois français.

 

Les étrangers italiens

Ils constituent la plus grande partie de la population étrangère de la commune, soit 252 au total (hommes, femmes et enfants) sur 292 étrangers, soit 31.8 % de la population totale, ce qui fait environ ⅓ de la population qui est italienne.


Sur 250 Italiens, 135 travaillent (54%), dont 100 pour la Société Champion (74 % des travailleurs). Il s’agit de la Société en charge de la construction du barrage. Ils habitent pour plus de la moitié dans le village (131), les 115 autres sont répartis entre les différents quartiers ou hameaux, la moitié (52) à Dardennes.


Ils viennent pour beaucoup de la province de Cunéo dans le Piémont. Dix-huit personnes sont originaires du village de Chiusa di Pesio mais aussi de Mondovi, Caraglio, Cunéo, Fabrosa Soprana. Certains noms sont mal orthographiés, difficiles à situer sur une carte. D’autres villes, villages et provinces sont aussi représentés : Porto Maurizio (Impéria), Mioglia et Dego (Savone), Ponzone, Valenza, Alessandria (Alexandrie), Brescia (Lombardie), Carrare (Toscane), Monterosso (La Spezia), Scandanio (Emilie Romagne), Cumiana (Turin), Trani (Pouilles).


Nous avons pu identifier au moins 4 personnes originaires de Sardaigne (Gairo, Pattado (Nuoro), Bortigali et Luras (Sassari)) ainsi que 2 Siciliens originaires de Militello et de Catane. Ils logent seuls quand ils n’ont pas de famille, ou constituent des foyers familiaux avec épouse et enfants et peuvent accueillir des « non parents » issus de la même région ou du même village

 

Quand ils logent chez des villageois natifs du Revest ou Français, c’est qu’ils sont leurs employés (domestique, jardinier, garçon boucher). D’autres logent entre hommes, frère et cousins réunis sous le même toit.
Les Sardes logent dans la même maison bien que n’étant pas parents, et les Siciliens ensemble car ils sont terrassiers associés.

 

Les étrangers espagnols

Au nombre de 29 dont 22 travaillent, tous chez Champion, ils sont originaires de Castelloli pour les plus nombreux (8) dans la province de Barcelone. Ils viennent aussi de Mora d’Ebre dans la province de Tarragone ou encore de Capella, montagne au nord de Tarragone.
Un seul vient d’Andalousie et 3 de la Province de Valencia. Un seul de la Province de Teruel (communauté autonome d’Aragon).


Deux familles vivent au village mais la majorité vit à Dardennes, dans la même maison, tous terrassiers chez Champion, venant du même village Castelloli.


Suisses, Belge et Autrichien

Il peut être surprenant de trouver 8 personnes originaires de Suisse dans le village à une époque où les gens ne se déplaçaient pas beaucoup. Un Suisse vient de Vich. Il est terrassier et vit chez son cousin originaire de Cunéo en Italie. Les autres constituent une famille, père, mère et enfants et vivent rue Grande au village. Le père de famille est tailleur de pierres chez Cotti. Reste une femme qui est « l’alliée » d’un mineur qui travaille chez Champion.

Un Belge natif de Bruxelles est mineur et travaille chez Champion. Il loge avec les autres mineurs, manœuvres et terrassiers au Colombier.

Une femme autrichienne est domestique dans une famille du village et vit avec elle à Dardennes.


En résumé : Le nombre d’étrangers vivant au Revest est très élevé, plus d’ 1/3 de la population totale. Il s’agit pour la plus grande partie d’Italiens résidents ou de passage travaillant sur le chantier du barrage.


En ce qui concerne la population de nationalité française, les natifs du Revest habitent plutôt au village, et il existe des mouvements assez importants de population en considération des moyens de transport exis-
tants. Si on enlève ceux nés à Toulon et au Revest, les autres Revestois sont originaires de 119 communes différentes. 

 École - Mairie vers 1900

 

Les métiers

Tableau des métiers issu de l’analyse du recensement 1911

 

Les métiers liés aux services

 

Au château de La Ripelle en 1911

 Victor Fabre, 60 ans, Lieutenant Colonel (ER) « propriétaire, patron » et « chef de maison » habite au château de La Ripelle, avec son épouse, Adèle Jeanne, née de Montanier de Belmont à Metz, âgée de 42 ans. Sont recensées leurs trois filles, Marguerite Jeanne, 22 ans ; Claire, 20 ans ; Marie Thérèse Lucie, 14 ans. Toutes les trois sont nées à Paris. Leur fils, Louis, 23 ans, n’est pas recensé au Revest.

 

   

 

Le nombreux « personnel de maison » est hébergé sur place :

  • Le valet de chambre : Jean Lahitte, 23 ans, né à Os Martion ( ?)
  • La cuisinière : Marie Thomel, 28 ans, née à Colmar.
  • La domestique, Annette Cuieppe, 26 ans, née à Paris. 
  • Le jardinier : Jean Alziary,* 51 ans, né à Les Ferres (Alpes Maritimes), et son épouse Adélaïde Alziary, née Pascal, 43 ans, née à Toulon et leur fils Joseph Alziary, 21 ans qui est le cocher, ainsi que leurs 6 autres enfants : Scholastique, 20 ans, Antoinette, 18 ans, Marius, 14 ans, Pierre, 12 ans, Joséphine, 11 ans, Louise, 6 ans. Tous sont nés au Revest.
  • Le journalier, Étienne Cerina, 61 ans, né à Murazzano en Italie, de nationalité italienne.

 

Tous partagent la vie au château de La Ripelle.

 

* Pour approfondir l’histoire de la famille Alziari, consulter le bulletin spécial Balade au château de La Ripelle et au Mont Combe. Mai 2006 ou sur Revestou.fr https://photos.revestou.fr/picture?/chateau-ripelle-et-mont-combe/categories

 

Au château de Tourris en 1911

Henriette de Gasquet, 52 ans, née à Saint Tropez, est le chef de maison du château de Tourris et vit avec son fils, Guy, 31 ans, né à Ramatuelle. Il est recensé « propriétaire exploitant ». Il vit avec son épouse, Mathilde, née à Vers, 31 ans et leurs 2 filles, Monique, 4 ans, née à Toulon et Régine, 3 ans, née à Tarascon.
La famille emploie 2 domestiques : Louis Ameglio, 49 ans, né à Marseille, et Madeleine Piquant, 59 ans. Ainsi qu’un garde : Jean-Baptiste Eynaud, 75 ans.

 

 

 

Le château de Tourris était un lieu de vie réparti entre le château, les dépendances, « Le Ménage », « La Jolie », « Les Bouisses ». Les propriétaires étaient la famille de Gasquet. On y cultivait du blé, de l'avoine,
des pommes de terre, des cerisiers et des oliviers. Il y avait des poules, des lapins, et quelques chèvres, quelques moutons en liberté. " Les animaux étaient bien tenus ". " Ma mère qui s'était liée d'amitié avec les de Gasquet, faisait leur bugade. En échange, ils nous prêtaient une ou deux pièces dans " Le Ménage " pour le samedi et le dimanche.

Rencontre avec Mme De Mostuéjouls – 1998 – Bulletin AVR n°24 décembre 1998
https://photos.revestou.fr/picture?/bulletin24/category/103-bulletins 

 

Nous verrons plus loin que la famille de Gasquet n’emploie pas seulement quelques domestiques, mais aussi de nombreux hommes qui entretiennent et exploitent la propriété.



Les blanchisseuses ou bugadières

Outre les domestiques des deux châteaux recensés en 1911, 21 femmes se déclarent blanchisseuses sur le territoire la commune.
Les blanchisseuses étaient bien plus nombreuses à cette époque et constituaient l’ensemble des bugadières
dont la vie a été si bien contée par Jean Meiffret.
(Bulletins AVR n°15 et 17 – janvier et décembre 1992, https://photos.revestou.fr/picture?/bulletin15/category/103-bulletins
https://photos.revestou.fr/picture?/bulletin17/category/103-bulletins).



Les couturières tailleuses

En dehors de Marie Michel qui se déclare « patronne » couturière, 6 autres femmes déclarent exercer ce métier.

 

Boulangers, cafetiers et autres commerces.


En analysant le tableau des différents métiers et entreprises, nous nous rendons bien compte que le village était bien pourvu en métiers de service divers, boulangers, bouchers, cafetiers, laitier etc.
A une époque où les habitants ne « descendaient » pas facilement à Toulon, le village devait pourvoir à toutes les commodités et apporter le ravitaillement nécessaire à la population.
Émile Aude (né en 1931) se souvient de la « grande boulangerie » située en haut de la rue Maréchal Foch près de la Place Langevin, « à droite avant l’entrée de la place ». Plus tard, il y eut une autre boulangerie,
« celle de Meiffret », plus bas, rue Maréchal Foch actuelle (ancienne rue Grande ou Grande rue), en face de l’épicerie Alzias.
Le cordonnier était en bas en face de l’Église. L’entrée se situait en face du vieil ormeau.
Le marchand de vin, Marius Isnard, habitait au bout de la rue Gabriel Péri (ancienne rue Jeanne d’Arc).



Les métiers liés à la construction du barrage 1909 – 1912

(voir bulletin AVR n°57,
https://photos.revestou.fr/picture?/bulletin57/category/103-bulletins)

Sans revenir sur la construction du barrage qui a fait l’objet d’un bulletin spécial, le recensement de 1911 nous précise les différents métiers exercés sur le chantier.
Les mineurs étaient les plus nombreux (44) puis les terrassiers (37) et les journaliers (32), ensuite les manœuvres(24) et les maçons (22).
Enfin, comptables, mécaniciens, conducteurs des travaux, surveillants, tailleurs de pierres, boiseurs, charretiers, ferblantiers, tubistes, poseurs… constituaient les autres intervenants de ce chantier gigantesque.
A noter que sont référencées ici seulement les personnes habitant le Revest, Français et étrangers. Dans le bulletin n°57, 295 personnes sont consignées dans le registre des accidents du travail et la liste n’est pas exhaustive. Certaines résidaient donc sur d’autres communes

 

 




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