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🐺 La faune revestoise - Quand l'aigle de Bonelli veille sur nous


Par Claude Chesnaud - Société des Amis du Vieux Revest et du Val d'Ardène - Bulletin N°14 de février 1991

 

Aigle de Bonelli

 

Le sommet du mont Caume est le lieu de vie d'un couple d'aigles de Bonelli.

 

De ce magnifique point d'observation, cette espèce, unique dans notre région, tente de survivre. Souple et téméraire, elle présente des analogies avec l'autour ; cependant, son vol en piqué, les ailes collées au corps, ressemble à celui des grands faucons. Le couple entreprend souvent ensemble son vol de chasse. ll tue des oiseaux tels que les corneilles mais percute et capture au sol des mammifères de taille moyenne.

 

Au cours de leur vol nuptial, les aigles de Bonelli plongent en piqué et remontent en décrivant des spirales, ce spectacle est magnifique. Le nid (l'aire) se situe le plus souvent dans des fentes de rochers, ou sur des saillies de parois rocheuses escarpées, ce qui explique cette présence sur le mont Caume. La période d'incubation dure quarante jours. Il ne grandit le plus souvent qu'un seul petit, parfois deux, qui demeure au nid pendant huit à neuf semaines. Malheureusement le couple du mont Caume ne reproduit pas.

 

Dans "Faune de Provence" (10/1989), Olivier IBORRA explique ses observations de trois couples d'aigles de Bonelli dont celui du Revest. Malgré une alimentation artificielle entre 1985 et 1986, le couple a continué à ne pas produire. ll pond des œufs qu'il couve très correctement, mais il n'y a jamais éclosion. O. IBORRA précise aussi que le mâle se présente toujours le premier pour tuer l'animal déposé. Cependant, quand deux proies sont ensemble, chaque aigle en maîtrise une. Le couple a aussi consommé des animaux déposés morts, ce qui démontre une capacité d'adaptation puisque cette espèce ne consomme en principe que des animaux capturés vivants.

 

La population actuelle provençale est bien connue depuis 1970 grâce notamment aux travaux réalisés par le "Groupe Rapaces'. En 1981, G. CHEYLAN a estimé les effectifs reproducteurs à un minimum de 25 couples' En 1986, il n'existait plus que 16 couples connus et suivis régulièrement, soit une chute de 36% en six ans. Cette baisse importante s'explique par le fait qu'entre  1981 et 1986, le nombre de nichées à deux jeunes ne représente plus que 22% des nichées réussies.

 

 

Photo Marie-Hélène Taillard


Nos amis chasseurs respectent ce couple de rapaces, non seulement parce qu'il est le dernier de notre département mais aussi parce qu'il appartient à notre patrimoine. De plus, c'est le seul prédateur des pies qui, elles, sont en nombre croissant.


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