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30e Anniversaire des Amis du Vieux Revest

❂ Balades historiques - Le Pas-de-la-Masque au Mont-Faron


En face du Château de La Ripelle,
Le Pas de la Masque au Mont Faron  et Buonaparte en 1793


Par Claude Chesnaud, in Balade au château de La Ripelle, AVR mai 2006

Le roi vient d’être guillotiné, les Montagnards se sont emparés de la Convention. Alors, les Royalistes, les anti-Jacobins, les différents fédéralistes, d’une façon désorganisée, tentent une opposition : à Toulon ils décident de livrer la ville à la flotte ennemie de l’amiral anglais Lord Hood. Ils commettent un crime que l’armée républicaine, à partir de septembre 1793, va punir.

Dans la ville encerclée, il y a les « Alliés » composés d’insurgés royalistes et fédéralistes toulonnais, d’Anglais, d’Espagnols, de Sardes, de Napolitains, de Piémontais. Autour de la ville, l’armée républicaine du général Carteaux.

Le 7 septembre 1793, lors des premiers combats, dans les gorges d’Ollioules, un chef de bataillon d’artillerie, Augustin Cousin de Dommartin, est blessé : un capitaine-commandant de 24 ans, Buonaparte, le remplace.

Plan de Toulon 1793

Plan du siège de Toulon en 1793 selon Perrot (réalisé en 1827)


A peine arrivé à Ollioules, quartier général de l’armée républicaine, ce jeune capitaine comprend que les stratégies de Carteaux ne pourront pas aboutir. Carteaux est un piètre général, maîtrisant mal les capacités de l’artillerie. Le capitaine Buonaparte est un technicien qui pense que la guerre ne s’improvise pas : à Toulon, il va appliquer ses théories.

Carteaux a positionné ses pièces d’artillerie trop loin du port de Toulon : elles ne peuvent pas atteindre la flotte anglaise qu’il faut contraindre à fuir avant de reprendre la ville. Les tentatives de rapprochement des batteries de Carteaux sont toutes vouées à l’échec car il n’est pas prévu de défendre les places prises aux Anglais. Et cela va se confirmer.

Le 22 septembre 1793, l’adjudant-général Laborde emporte par surprise les hauteurs du mont Caire : les Anglais reprennent ce point stratégique par une contre-attaque vigoureuse.

Plan anglais du siège de Toulon 1793

Carte anglaise du siège de Toulon en 1793


Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1793, le général de division La Poype, commandant du détachement de l’est, décide sans ordre de prendre le Pas de la Masque (le passage du mauvais sort), au Faron. Il ordonne à son chef de bataillon Victor de partir du Revest vers 1 heure du matin. Les soldats républicains sont guidés par un Revestois, Mèstré Cadar. Avec 1700 hommes, La Poype surprend une centaine d’Espagnols qui garde ce passage. Mais les Républicains ne peuvent pas conserver la place car les Sardes et les Anglais contre-attaquent par Saint Antoine, les Napolitains, les Piémontais, les Espagnols et les Royalistes contre-attaquent par le ravin de Val-Bourdin. De nombreux Républicains essaient de se sauver en sautant des barres rocheuses du Faron, beaucoup se tuent ou se blessent : La Poype échoue.

Buonaparte connaît bien la région puisqu’il a habité La Valette quelques mois auparavant avec sa mère et ses sœurs lorsqu’il a été chassé de Corse après des élections perdues. Il sait l’importance du Faron, du Coudon et du Revest : d’ailleurs l’armée républicaine stationnera pendant cette période aux Bouisses, au Château et à la Verrerie de Tourris. Il sait qu’il va falloir reprendre le mont Caire et le Pas de la Masque.

Le 7 novembre 1793, Carteaux doit obéir à une lettre ministérielle qui lui enlève le commandement. Il est remplacé par le général Doppet qui ne vaut pas mieux. Puis le Comité de Salut public attribue le commandement à Jean François Coquille du Gommier, dit « Dugommier »: ce choix est excellent.
 

Lettre de Buonaparte
Lettre de Buonaparte (source : Histoire de Toulon, par Paul Maurel)


Lors d’une contre-offensive, Dugommier, à la tête de 3 bataillons, reprend la batterie de la Convention et ses hommes capturent le général anglais O’Harra. Buonaparte s’est battu avec ses fantassins : il est promu colonel.

Une pluie torrentielle tombe dans la nuit du 17 décembre 1793. Buonaparte conseille à Dugommier l’attaque du Fort Mulgrave. Dugommier décide de donner l’assaut. Une poignée de grenadiers parvient à se glisser dans le fort : après un corps à corps, les grenadiers sont repoussés. Mais Dugommier et Buonaparte pénètrent peu après dans la place forte et l’emportent. Les canonniers anglais se font héroïquement hacher sur leurs pièces. Buonaparte, en véritable officier de troupe, a fait le coup de feu au milieu de ses soldats, il a été légèrement blessé et son cheval a été tué sous lui.

Au même moment, dans le brouillard et conduit par des bergers et bûcherons revestois, sous les ordres de La Poype, l’adjudant-général Mica s’empare du mont Faron en surprenant cette fois les Anglais au Pas de la Masque. Malgré la résistance des Alliés, le Faron tout entier est enlevé.

Immédiatement les Anglais quittent Toulon.

Le 24 décembre 1793 (5 nivôse, an II de la République), la Convention décrète :

- Art. I : L’armée de la République dirigée contre Toulon a bien méritée de la Patrie.


Bonaparte est nommé général de brigade à 24 ans : le Pas de la Masque lui a porté chance !

Napoléon par Decaris
Gravure d’Albert Decaris


Plus de détails sur la fortification du Pas-de-la-Masque : http://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/caserne-du-pas-de-la-masque/1e0275a8-aae6-4d79-bcb5-11c0f898c5b9
Il semblerait que les derniers passages du Pas-de-La-Masque aient été dynamités dans la 2e moitié du XIXe siècle pour conforter la défense militaire de cette façade du Faron, mais je n'arrive pas à en retrouver trace. C'est pour cela que j'ai consulté cette page sur les fortifications du Pas-de-la-Masque. Merci de vos compléments d'informations.

Plus de détails sur la reprise de Toulon, selon les mémoires de Barras : https://fr.wikisource.org/wiki/M%C3%A9moires_de_Barras_-_Bonaparte_%C3%A0_Toulon

Si l'on se réfère aux déclarations de Barras et aux commentaires de Georges Duruy, le rôle de Bonaparte lors du siège de Toulon a été amplifié.


Source : Société des Amis du Vieux Revest et du Val d'Ardène


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