📖 Le Revest de P. Trofimoff - La confrérie de la miséricorde


 Source : Le Revest, Tourris, Val d'Ardène, texte de Pierre Trofimoff en 1963



À l'instar de ce qui existait dans des villes et des villages plus importants, naquit une société de charité pour soutenir les désespérés, soigner les malades, aider les pauvres.

 

L'action de cette association, dite « Confrérie de la Miséricorde », débuta au 17ème  siècle au Revest. Cette œuvre était en étroite liaison avec son homonyme de la grande cité voisine. L'apostolat de ces deux communautés fut parfaitement profitable aux malheureux.

 

Il suffit de compulser, aux Archives Communales, le dossier de « l'Hôpital de la Miséricorde » pour constater la générosité de tous les donateurs. Dans une lettre du 29 novembre 1742, M. le curé du Revest, l'abbé Teissère, écrivait à M. Artigue, secrétaire de la Confrérie de la Miséricorde à Toulon, et lui accusait réception de 34 livres 16 sols, en le remerciant de la prochaine fourniture de 12 cannes de drap.

 

En feuilletant les pages qui relatent l'histoire de cette fondation, nous constatons les besoins des « pauvres honteux » : médicaments, habits, nourriture. Nous pouvons aussi lire les noms des différents recteurs et trésoriers du bureau de la Confrérie.

 

Penchée sur les douleurs quotidiennes, la Confrérie de la Miséricorde sut se montrer efficace pendant la terrible épidémie de 1720. La peste sévissait avec, à son actif, les plus désastreuses victoires. La Confrérie était là. Elle prit les initiatives les plus audacieuses et les plus courageuses. Le père Zacharie, capucin, et l'archevêque d'Aix donnèrent 300 livres chacun. Les factures sont là, qui attestent l'achat de remèdes et de la «   chox  »  (chaulx)  nécessaires pour lutter  contre le fléau.  Un  certain nombre de liaisons avec Toulon furent assurées par des voituriers qui « furent payés pour leurs activités ». Christophe Barbaroux, boucher, avait fourni le 16 juin 1721 pour 162 livres 10 sols de moutons et brebis distribués aux pauvres et malades. Thomas Gauthier, trésorier de la Confrérie, fit le certificat autorisant le remboursement de cette somme à Christophe Barbaroux.

 

C'est dans « l'Enclos », dit « la Fouilloy » (dépendant du domaine de la Tourravelle), appartenant à M. Chaussegros, que les autorités de la province autorisèrent l'ensevelissement des victimes de l'épidémie.

 

Les membres de la Confrérie assistèrent et transportèrent les morts.

La Confrérie de la Miséricorde possédait aussi un établissement hospitalier au Revest. De très nombreux malades y furent hébergés et soignés. Cet établissement peut être situé sur l'actuelle propriété du docteur Mouttet, dont un bâtiment est depuis toujours désigné sous le nom de « la Maladrerie » ou « la Léproserie ».

 

L'œuvre de la Confrérie se poursuivit aux 18ème et 19ème siècles. De très nombreux dons continuèrent d'être versés, apportant, par leur judicieuse répartition, le réconfort espéré. Dès le milieu du 19ème  siècle, cette fondation devint le bureau de bienfaisance de la commune.

 

Cette association charitable, appelée aussi « l'Hospice du Revest », ne méritait pas l'oubli.

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