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Grands espaces
Calme et verdure
Au pied du Mont-Caume
Vue panoramique sur le village
et la vallée de Dardennes



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♖ Les AVR ont 30 ans !!!


30e Anniversaire des Amis du Vieux Revest

☚ La Résistance sous l'occupation allemande - Loulou Camolli par Augustin d'Ollonne


Voilà quelques souvenirs et réflexions qui devraient permettre de mieux cerner la personnalité de Louis Camolli.

Louis Camolli : l’Homme

DĂ©bordant de vitalitĂ© et d’enthousiasme, jovial mais franc et direct, gĂ©nĂ©reux, il Ă©tait un authentique Provençal, un profond humaniste (au sens noble). Chasseur Ă©mĂ©rite, marcheur infatigable, il aimait viscĂ©ralement ses massifs rocailleux qui entouraient son village : il en connaissait comme sa poche les moindres pistes, les plus petits points d’eau. Remarquable meneur d’hommes, il a su nous en communiquer son attachement, ainsi que sa grande expĂ©rience donnant toujours l’exemple pour foncer de l’avant en payant sans compter de sa personne.

ExtrĂȘmement attachant, bien qu’il ne fĂ»t que le cousin germain de ma mĂšre, je le considĂ©rais comme mon oncle, l’appelant d’ailleurs « Tonton Â». Il a su Ă©veiller en ma famille une profonde attirance pour son village. A telle enseigne que pendant plusieurs annĂ©es nous y avions louĂ© un cabanon aux Arrosants, en dessous du Pigeonnier (campagne Giraud ?). Nous y sĂ©journions l’étĂ© et j’y ai emmenĂ© mon Ă©pouse et mes 3 jeunes fils. Ce n’est donc pas par hasard que le deuxiĂšme, Christian, aprĂšs l’Ecole Normale de Draguignan, a choisi d’y exercer son mĂ©tier d’instituteur, accompagnĂ© de son Ă©pouse Maryse, et d’y rĂ©sider Ă  la Roustane avec ses deux fils.

Il faut Ă©galement signaler que Loulou faisait partie d’une famille dont tous les nombreux membres, trĂšs « imbriquĂ©s Â» mais Ă©troitement soudĂ©s, ont, sans exception, pris une part active dans la RĂ©sistance. C’est ainsi que grĂące Ă  lui, le Revest en est devenu un vĂ©ritable bastion.

En effet, c’est lui qui, dĂšs Mai 1944, alors que Toulon se vidait des « civils Â», a hĂ©bergĂ© dans son petit local situĂ© au 1er Ă©tage, au dessus de la Poste, tous les membres de notre famille restĂ©s Ă  leur poste, sous un prĂ©texte plus ou moins professionnel, afin d’assurer la continuitĂ© de leur action au sein du rĂ©seau F2-Azur.

Il y avait lĂ  notamment :

Louis (mon grand-pĂšre et oncle de Loulou) et sa 2Ăšme Ă©pouse. Leur appartement au Palais Francia Ă  BarbĂšs a frĂ©quemment abritĂ© « La Centrale Â»,

Mes parents, Madeleine (cousine germaine de Loulou) et Victor d’Ollonne qui Ă©tait alors inspecteur au service municipal des eaux (puis devint directeur) et qui Ă©tait l’adjoint de Marius Camolli. Notre appartement au 3Ăšme Ă©tage du 32 avenue Docteur Fontan Ă  Saint Roch a Ă©galement servi de base Ă  la Centrale dont Victor faisait partie. Les cartes d’état-major y Ă©taient complĂ©tĂ©es et mises Ă  jour pour les emplacements des ouvrages, les rapports Ă©laborĂ©s, puis dactylographiĂ©s (par mon pĂšre), le tout photographiĂ© par Marius. Notre courrier Dominique Brizzi, qui, habitant sur le mĂȘme palier que nous, les acheminait 2 fois par mois sur Nice dans une boite d’allumettes de poche dissimulĂ©e dans la prothĂšse de sa jambe.  Victor avait obtenu la Croix de Guerre  de 1914-18. Pour ces activitĂ©s, il obtient la Croix de Guerre de 1939-45 et la Croix de Guerre polonaise,

Mon frĂšre aĂźnĂ© Louis n’était pas lĂ . Il s’était engagĂ© au 2Ăšme Dragon Ă  Auch, puis s’est Ă©vadĂ© par l’Espagne (camp de LĂ©rida). Il avait rejoint, en AlgĂ©rie, son rĂ©giment avec lequel il effectua toute la campagne de France en tant que chef de char. Il comptait dans son Ă©quipage Bernard de Lattre de Tassigny, fils du gĂ©nĂ©ral,

Moi-mĂȘme, agent de renseignements (fortifications, mouvements des troupes, rĂ©sultats des bombardements, 
) et de liaison principalement entre les informateurs et la Centrale du RĂ©seau F2-Azur et cela parallĂšlement Ă  mon activitĂ© de F.F.I.. J’étais aussi Scout et brancardier Ă  la Croix Rouge Française. Je pouvais ainsi me dĂ©placer et observer plus facilement. Ces activitĂ©s multiples m’ont valu d’ĂȘtre dĂ©corĂ© de la Croix de Guerre par le gĂ©nĂ©ral de Gaulle le 11 septembre 1948, en mĂȘme temps que mon pĂšre,

Marius Camolli, cousin germain de Loulou et demi-frĂšre de ma mĂšre, co-responsable du RĂ©seau F2-Azur (aprĂšs l’arrestation Ă  Nice de LĂ©on Sliwinski) avec Ambroise Massei qui habitait Ă  Saint Roch Ă  100 mĂštres de chez nous,

Emile Christin, mari de la cousine germaine de Loulou, son Ă©pouse et leurs deux plus jeunes enfants. Il Ă©tait patron pĂȘcheur Ă  Sainte Elme. Agent de renseignement du RĂ©seau F2-Azur, il Ă©tait chargĂ© de la surveillance de la presqu’üle de Saint-Mandrier et des mouvements de troupes de la Kriegs Marine.


A la lecture de cette Ă©nonciation, volontairement limitative, on se rend compte pourquoi le « F Â» de l’appellation du RĂ©seau F2 signifiait « famille Â».


Mais il convient, pour complĂ©ter ce tableau de famille, de ne pas oublier deux autres Camolli qui habitaient Ă  l’entrĂ©e du Village :

André, frÚre de Loulou, armurier de la Marine, dont la participation au groupe F.F.I. fut particuliÚrement précieuse, notamment lors de la récupération et de la maintenance des armes récupérées pour le Maquis,

Et son frĂšre Guy qui participa trĂšs activement Ă  toutes les opĂ©rations des F.F.I. pour la LibĂ©ration. Puis, il s’engagea Ă  la 9Ăšme DIC (RICM) avec laquelle il effectua la campagne de France puis d’Indochine,

Mais aussi Etienne (dit Titi), fils de Loulou et mon cousin (fidĂšle compagnon de combat).


Loulou Camolli : le F.F.I.


Sous l’impulsion de Lou (surnom de Louis Camolli), l’activitĂ© du groupe F.F.I. du Revest s’est manifestĂ© sans attendre le 20 aoĂ»t 1944. DĂšs le dĂ©barquement du 6 juin 1944, ce groupe a participĂ©, contre l’avis de Loulou, au maquis de Siou-Blanc. Un des nĂŽtres (Boulin) a payĂ© de sa vie cette participation malheureuse. Des armes et des munitions ayant pu ĂȘtre dissimulĂ©es dans des bois lors de la dislocation consĂ©cutive Ă  l’attaque des Allemands, c’est notre groupe qui, Ă  l’initiative de Loulou, se chargea de les rĂ©cupĂ©rer et de les regrouper. DĂšs la soirĂ©e du 15 aoĂ»t, nous redescendons  des Plaines 15 mousquetons et 200 cartouches. AprĂšs les avoir remis en Ă©tat et graissĂ©, nous les avons cachĂ©s au chemin de FiĂ©raquet, au cros de Jeanne, afin de les avoir Ă  portĂ©e de la main le moment venu. Cela s’avĂ©ra d’ailleurs payant la nuit du 19 aoĂ»t. Outre l’entretien et la surveillance de cet arsenal, le groupe participa les 16 et 17 aoĂ»t Ă  des actions de soutien pour des parachutages annoncĂ©s mais qui n’eurent jamais lieu. Pendant ces jours, le groupe fit de la surveillance des troupes ennemies. ( dĂ©placement de convois, installation de nouveaux ouvrages fortifiĂ©s) pour informer notre troupe dĂšs la prise de contact.


AprĂšs la LibĂ©ration du Village, Ă  laquelle il contribua activement et efficacement, le groupe poursuivit son action sous diverses formes et sur de multiples fronts, jusqu’à la reddition des forces Allemandes du camp retranchĂ© de Toulon.


Tout cela, nous le devons au courage et Ă  la pugnacitĂ© d’un HOMME :

Louis Camolli.

Sources : lettre de fĂ©vrier 2004 d’Augustin d’Ollonne (dit Guy) transmise aux Amis du Vieux Revest.


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