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Mercredi 21 octobre 2020

🎭 La maison des Comoni - La Culture au cƓur du projet


On apprend dans le bulletin Le REVEST LES EAUX magazine N°8  janvier Ă  juin 2000 qu’un rĂ©fĂ©rendum a Ă©tĂ© soumis au vote des Revestois en 1979 sur la construction d’une salle polyvalente. Mais ce n’est qu’en  mars 1987 que le projet est repris. Le terme de salle polyvalente est abandonnĂ© et le maire et les Ă©lus s’interrogent sur la destination finale de la salle. Jacques Rullier, conseiller municipal de 1976 Ă  1983, puis adjoint au Maire de 1983 Ă  1995, interviewĂ© le jeudi 23 avril 2015 parle de Jean-Claude Grosse en ces termes :


En 83 JC.Grosse est entrĂ© au conseil, on a vu dĂ©barquer un OVNI qui nous a parlĂ© de thĂ©Ăątre comme personne. Il bousculait tous les codes Ă©tablis en terme de thĂ©Ăątre, et rĂ©ussit Ă  convaincre le Conseil Municipal de passer du thĂ©Ăątre de commande, que j'assimile Ă  du prĂȘt-Ă -porter culturel, Ă  un ThĂ©Ăątre de crĂ©ation qui embrassait toute la chaĂźne, de l'Ă©criture de la piĂšce en passant par la mise en scĂšne, la production et les reprĂ©sentations. Il a donc fallu convaincre le conseil municipal qui Ă©tait hostile Ă  la construction d’une salle de spectacle, ainsi que le village. Mais le Conseil Municipal de l'Ă©poque devait se rendre Ă  l'Ă©vidence, Jean-Claude obtenait pour son action culturelle des subventions croisĂ©es, DĂ©partement, RĂ©gion, État, DRAC, ce qui reprĂ©sentait des retombĂ©es Ă©normes en terme d'image pour Le Revest. Les gens acceptaient la peinture qui avait dĂ©jĂ  acquis ses lettres de noblesse, mais le thĂ©Ăątre n’était pas compris. C’était un projet surdimensionnĂ© pour la commune. DĂ©jĂ  les spectacles qu’il avait donnĂ©s au Revest comme Clepsydre, Marie des brumes
 Le Revest Ă©tait devenu le pĂŽle culturel de l’agglomĂ©ration. Il jouait au ChĂąteau de Dardennes, au pied de la Tour, au Stade de la colline, dans les oliviers, dans les rues du village. Il nous fallait une salle! Â»


JC. Grosse explique aussi : « Lors du mandat municipal de 83/89 a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e la possibilitĂ© de crĂ©er une salle polyvalente. C’était la mode Ă  l’époque comme la salle GĂ©rard Philippe de La Garde oĂč on faisait un peu de tout, des expositions mais pas de thĂ©Ăątre Â».


Le festival du Revest avait dĂ©jĂ  5 ans. JC. Grosse explique les dĂ©buts de l’association « Les 4 saisons du Revest Â» dans un livre « De l’impasse Ă  la traverse, un parcours artistique vivant, les 20 ans des 4 saisons du Revest Â», publiĂ© en 2003 par les Cahiers de l’EgarĂ©. « Un concours d’architecte a Ă©tĂ© lancĂ© pour une salle polyvalente. J’ai suggĂ©rĂ© au Maire, Charles Vidal que ce ne soit plus une salle polyvalente mais un Ă©quipement culturel. Â»


Dans le n° 17 d’Information communale de juin 1987, une interview de JC. Grosse expose la politique culturelle de la municipalitĂ© et les besoins en terme de lieu d’accueil tant au niveau de la peinture que du thĂ©Ăątre :

«  (Nous) avons un problĂšme de lieu. Pour avoir une politique culturelle permanente et pas seulement estivale, il nous faut (
) une Maison des Arts pour y organiser de grandes manifestations. Or pour la construire, nous devons ĂȘtre subventionnĂ©s. Nous ne serons subventionnĂ©s que si nous avons un projet d’utilisation trĂšs convaincant car bien sĂ»r, nous ne sommes pas les seuls Ă  vouloir jouer la carte  culture. »


Extrait n°18 septembre 1987 : « Une grande salle devenue indispensable. Nous nous en sommes bien aperçus lors de la biennale de peinture qui ne peut plus Ă©voluer, malgrĂ© sa haute qualitĂ©, faute d’un local plus grand. Nous avons regrettĂ© son absence aussi lorsque le mistral a obligĂ© d’interrompre le gala de l’école de danse. (
) Â»

A noter que le terme de salle polyvalente n’est plus d’actualitĂ©. Parfois on lit maison des « Arts Â» mĂȘme si dans les bulletins municipaux une commission « salle polyvalente Â» est crĂ©Ă©e. Est-ce pour ne pas heurter les conseillers municipaux « hostiles Â» ? Ou pour ne pas se mettre Ă  dos la population ? Car il y a comme un hiatus, une incomprĂ©hension entre le festival de thĂ©Ăątre et le village.


Extrait n°18 septembre 1987 : p 11 rubrique spectacles  «  Le Festival de la Tour. On aime ou l’on n’aime pas mais il faut apprĂ©cier cependant l’effort rĂ©alisĂ© et louer le jeu des artistes. (
) Le rĂ©sultat n’a peut-ĂȘtre pas Ă©tĂ© ressenti au mĂȘme titre Ă  l’intĂ©rieur qu’à l’extĂ©rieur de la commune. (
) le proverbe est bien vrai « nul n’est prophĂšte en son pays (
) Â».


Les architectes dĂ©signĂ©s, Bordes et Duchier, du Cabinet Dravet laurĂ©at du concours, planchent et ont pour mission de Â« proposer un projet en le rendant plus lĂ©ger(?) Â» sans autres prĂ©cisions dans les comptes rendus des bulletins de l’information communale. Et en septembre 1987, les conseillers membres de la commission  « salle polyvalente Â» donnent leur accord pour dĂ©poser un permis de construire. Le bulletin rappelle que les 3 salles constituant l’ensemble « seront utilisĂ©es Ă  des usages multiples y compris la possibilitĂ© de locations. Â» Aucune autre prĂ©cision.


Dans le bulletin de septembre 1988 (soit un an plus tard) on lit ceci : « En principe tout arrive. MĂȘme la salle polyvalente car d’aprĂšs le programme Ă©tabli au cours de la rĂ©union du 1er septembre avec le Responsable pour la salle de la DDE et le reprĂ©sentant des architectes auteurs du projet, les travaux devraient dĂ©buter dans le courant du mois de janvier 1989, aprĂšs les adjudications. Acceptons en l’augure. Â»
Dans le mĂȘme numĂ©ro,  il est rapportĂ© que le Conseil Municipal « donne un accord de principe pour l’acquisition de l’importante collection de monnaies proposĂ©e Ă  des conditions particuliĂšrement intĂ©ressantes aprĂšs expertise, par M. Lacroix qui l’a rĂ©alisĂ©e. Â» Nul doute que cette collection devait prendre toute sa place dans la future structure.

Et c’est le 9 mars 1989, 3 jours avant les Ă©lections, que la 1Ăšre pierre est posĂ©e. Pose de la premiĂšre Pierre des Comoni


Mais le bulletin du 24 mars 1989, qui illustre la cĂ©rĂ©monie parle toujours de « salle polyvalente Â» :

« C’est la 1Ăšre pierre de la salle polyvalente qu’on dĂ©sespĂ©rait depuis autant d’annĂ©es de voir poser un jour. Â»
D’aprĂšs le tĂ©moignage de JC.Grosse, le projet d’un centre culturel s’est affinĂ© tout au long des travaux. Pourtant, dans le Budget prĂ©visionnel de 1987, on trouve dĂ©jĂ  des propositions d’achats de gradins, de projecteurs, d’un plancher de 70m2.

« Les travaux ont d’ailleurs Ă©tĂ© interrompus durant 3 semaines pour imaginer installer une rĂ©gie et le passage des cĂąbles nĂ©cessaire Ă  l’amĂ©nagement d’un espace thĂ©Ăątral Â». Entretien avec JC.Grosse du 5 mars 2015.


Devant la tournure que prennent les travaux, certains adjoints se dĂ©solidarisent du projet et refusent de s’en occuper. Entretien avec J.Fenassile du 29 avril 2015 : Â«  Nous (J.Fenassile, J.C Grosse, C.Aude) voulions une salle de spectacle ouverte sur l’aire toulonnaise. Certains adjoints n’ont  plus voulu s’en occuper. Charles Vidal, m’a demandĂ© de  restructurer les plans avec l’architecte pour en faire une salle de spectacle, la future Maison des Comoni. Il Ă©tait prĂ©vu de crĂ©er plusieurs pĂŽles ; pĂŽle art plastique, pĂŽle polyvalent, pĂŽle musĂ©e, pĂŽle spectacle avec une scĂšne rĂ©tractable, des gradins escamotables. Entre temps nous avions achetĂ© la collection des monnaies, il a fallu trouver des volumes supplĂ©mentaires. Mais d’abord il a fallu suivre la construction. Et Ă©videmment les coĂ»ts ont Ă©tĂ© majorĂ©s. L’argent de la construction et de l’équipement c’est moi qui l’ai nĂ©gociĂ©. J’assurais toutes les rĂ©unions de chantiers. On a Ă©tĂ© les pionniers dans le dĂ©partement. Ensuite les autres ont copiĂ© sur nous Â»





Source : interview du 4 mars 2016 sur TV83.info


Le 27 septembre une rĂ©ception en mairie finalise la vente de la collection des monnaies pour un montant de 520.000 Francs, payables « en 10 annuitĂ©s sans intĂ©rĂȘt et indexĂ©es sur l’INSEE Â».(bulletin n°27 sept/oct 1989).


Enfin, c’est dans le bulletin n°30 de mars/avril 1990 que le nom de la future salle est  enfin dĂ©voilĂ©, mais toujours rien sur sa destination :  « Ce sera « La maison des Comoni Â»

«  Nous avons alors pensĂ© que les premiers habitants du Revest mĂ©ritaient mieux qu’un nom sur une longue liste de vaincus et c’est pourquoi en sĂ©ance de travail nous avons dĂ©cidĂ©, le 10 avril 1990, que ce que nous nommions jusqu’ici salle polyvalente deviendra dĂ©s la prochaine rĂ©union publique du Conseil Municipal « La Maison des Comoni Â».  Charles Vidal.


Inauguration de la Maison des Comoni

L’inauguration de la salle a lieu  le 16 juin 1990. Un court Ă©dito du Maire, une photo le reprĂ©sentant au milieu des Ă©diles du Conseil GĂ©nĂ©ral et de Toulon coupant le ruban, et c’est tout !


C’est plus loin dans le bulletin que l’on apprend qu’il y a 3 salles : l’Oustaou per touti, la salle des expositions et la salle PĂ©trarque. On y dĂ©taille aussi les tarifs des locations Ă  destination des Revestois et des extĂ©rieurs. Inauguration Oustaou per touti


Un article relate la cĂ©rĂ©monie : P 6  initiatives culturelles

«  Ce fut une trĂšs belle journĂ©e. Il faisait beau, il y eut plus de 1000 invitĂ©s prĂ©sents, le ruban coupĂ©, chacun attendit son tour pour dĂ©couvrir cette « Maison des Comoni Â» dont on avait suivi toutes les Ă©tapes de construction en moins d’un an
 Les « sƓurs ThĂ©ret Â» qui prĂ©fĂšrent qu’on les appelle HĂ©lĂšne et Rachel mais dotĂ©es toutes deux d’un grand art, d’une passion qui les unit



Le « Cabinet des monnaies Â» oĂč M. Lacroix, presque en queue de pie, assistait Ă  l’apothĂ©ose de sa collection tandis que le public se pressait sur les cartes postales 1er jour que l’on pouvait glisser dans une grosse boite aux lettres
 La « salle PĂ©trarque Â» (au fait qui c’est celui-lĂ  ? entendait-on de ci- de lĂ ) oĂč l’on a aimĂ© s’asseoir pour goĂ»ter de ces siĂšges confortables en Ă©coutant quelques notes jouĂ©es par la Musique de la Flotte.


De la convivialitĂ© partout, qui a Ă©clatĂ© dans le jardin public oĂč se jouait cette fois un « remake Â» de la Foire artisanale, chacun se promenant un verre de vin d’Alsace Ă  la main.

Et puis, il y eut d’autres inaugurations, celles des apĂ©ritifs dans le hall le 18 juin, celle des galas de danse, auditions d’écoles de musique, etc.


Et puis il y eut MarĂ©chal, le parrainage thĂ©Ăątral, et un superbe texte de Marcel Jouhandeau « lettres d’une mĂšre Ă  son fils Â»Marcel MarĂ©chal

Avec (la voix de)Madeleine Renaud. Ça n’est pas demain qu’on reverra cela au Revest ! Â»

En effet  le 30 juin, le 1er spectacle a lieu dans la salle PĂ©trarque : « Lettres d’une mĂšre Ă  son fils Â» de Marcel Jouhandeau.




Si les Revestois ne frĂ©quentent pas beaucoup la nouvelle structure, le bulletin n°34 de nov. /dĂ©c. 1990 fait Ă©cho de ce qu’en pensent ceux qui l’ont frĂ©quentĂ©e comme ce Toulonnais dont le courrier est publiĂ© :



Paroles de toulonnais !

Le Revest sans Ă©clat tapageur, sans psychodrame mĂ©diatique, devient un pĂŽle d’attraction pour la frange la plus active et la plus curieuse de nos concitoyens : jeunes et moins jeunes, avides de nouveautĂ©, d’expĂ©rience culturelle, d’émotions de qualitĂ©. Cette toute rĂ©cente maison de la culture est bien prometteuse ; que ce soit pour les activitĂ©s thĂ©Ăątrales (Borini-Festival J.ThĂ©Ăątre MarĂ©chal-Marcel), les activitĂ©s d’art plastique (Anton, Bentobji, Budonaro, Pourret, les sƓurs ThĂ©ret, etc.) ou les activitĂ©s littĂ©raires, historiques etc.
Un point commun : toutes ces prestations sont marquĂ©es du sceau de la qualitĂ© et de l’exigence artistique. Tout ceci dans un cadre Ă  la fois agrĂ©able, fonctionnel et de l’avis de tous super-convivial.

La voie choisie par les responsables est difficile mais elle force notre admiration et pour le Toulonnais de base, que je suis depuis trente ans, notre convoitise. Heureusement que Le Revest n’est qu’à 15 minutes du centre ville de Toulon ; il se passe toujours quelque chose Ă  la Maison des Comoni !

Gaston Lacreuse, Toulon



Et comme pour persuader les Revestois que cette salle est leur salle, que sa construction n’était pas inutile, du moins dans la forme choisie par les Ă©lus, ce mĂȘme numĂ©ro publiĂ© donc au bout de 6 mois d’activitĂ©s donne les premiers chiffres et espĂšre en l’avenir :


« La Maison des Comoni en chiffres Â»


ThĂ©Ăątre : 8 spectacles (40 reprĂ©sentations 3500 spectateurs)
Expositions: 8 expositions de 15 jours environ chacune (3500 spectateurs)
Musiques : 5 concerts (1100 spectateurs) Sans compter les 2 galas associatifs, les 2 sĂ©minaires, les 3 soirĂ©es privĂ©es, les manifestations municipales axĂ©es sur le 3Ăšme Ăąge et les Ă©coles. En 6 mois, 10.300 personnes ont Ă©tĂ© accueillies dans la Maison des Comoni. VoilĂ  un bilan prometteur qu’il faut amplifier en 1991. La Maison des Comoni, c’est une Ă©quipe professionnelle Ă  compter du 1er janvier 1991, c’est un esprit et une programmation artistique de qualitĂ© sans snobisme ni hermĂ©tisme, ce sont des artistes exigeants et gĂ©nĂ©reux, c’est le public. Revestoises  et Revestois doivent ĂȘtre le premier public de la Maison des Comoni, peuvent ĂȘtre les premiers Ă  en parler autour d’eux. C’est le vƓu que nous formulons pour 1991.Programme des Comoni


L’annĂ©e 1991 est celle de l’organisation et de la gestion des salles qui constituent l’ensemble.
Dans le bulletin n°35 de mars 1991, on apprend que la commune, l’Etat et le Conseil GĂ©nĂ©ral signent un contrat de 3 ans avec l’association « les 4 saisons du Revest Â» en vue de l’animation culturelle (thĂ©Ăątre, expositions, concerts, spectacles et autres activitĂ©s).
En janvier 1991 un conseil d’administration de la Maison des Comoni est crĂ©Ă© ainsi qu’une association de gestion qui comprend 9 membres.
L'Ă©quipe des Comoni
Dans une interview  prĂ©sentĂ©e dans le bulletin, J. Fenassile , JC Grosse et A. Lacroix expliquent leurs objectifs et l’organisation de la gestion des salles ; MichĂšle Lissillour comme administratrice, JL. Grandchamp aux relations publiques, JC.Grosse et « les 4 saisons Â» pour la programmation thĂ©Ăątrale, les arts plastiques, les multi medias et Claude Demai et  «  l’association revestoise des Arts et Traditions de France Â» pour les autres manifestations. Enfin Armand Lacroix comme conservateur du cabinet des monnaies et du club d’initiation Ă  la numismatique qui complĂšte l’action de l’association du cabinet des monnaies



Piéfort de la  «Dardenne» datée de 1710 acquise par la mairie (bulletin nov./déc. 1990)Piéfort de la «Dardenne» datée de 1710 acquise par la mairie (bulletin nov./déc. 1990)

Dans son entretien du 29 avril 2015, J.Fenassile prĂ©cise, 25 ans aprĂšs, ses objectifs :
« Et je voulais surtout que tout ce qui se faisait dans la salle soit en relation avec les Ă©coles Â»
En ce qui concerne les choix de programmation, JC. Grosse parle Â« d’audace et de prudence, de rĂ©flexion et de coup de cƓur, de calcul et d’intuition Â» et il reconnaĂźt « qu’un travail d’information est Ă  faire sur le terrain Â». Visiblement de l’incomprĂ©hension subsiste toujours entre quelques Ă©lus et une  certaine partie des villageois !
Les programmations se succĂšdent et aux Ă©lections municipales de 1995, Charles Vidal est rĂ©Ă©lu. Trois listes s’affrontent dont une, menĂ©e par JC. Grosse et J.Rullier qui illustre une certaine division au sein de l’ancienne Ă©quipe sur la politique culturelle.


VoilĂ  ce qu’en dit J.Rullier interviewĂ© le 23 avril 2015 :
« Le Revest aurait pu ĂȘtre comme Avignon et son festival  et sur le plan de la peinture ça aurait pu ĂȘtre Saint Paul de Vence. On avait pris des contacts avec Anthony Clavet de Saint Tropez et mĂȘme Bernard Buffet.
Durant le mandat d’aprĂšs, (1995/2001) ils n’ont pas suivi, mĂȘme si Toulon Provence MĂ©diterranĂ©e (TPM) est une bonne chose.


Entrée de la Maison des Comoni


Pourquoi avoir abandonnĂ© la biennale ? Le Revest a toujours Ă©tĂ© un lieu pour les artistes, la biennale ne coĂ»tait pas cher. C’était une pĂ©pite. En 95 lorsque nous avons vu avec JC. Grosse que la liste du Docteur Vidal n’avait plus les mĂȘmes ambitions, nous avons montĂ© notre liste «  Revest Passion Â» avec JC. Grosse, pour dĂ©fendre le projet culturel  au niveau du thĂ©Ăątre et de la peinture. Mais 27% des suffrages, ce n’était pas suffisant. Charles Vidal a Ă©tĂ© Ă©lu. Â»

Charles Vidal meurt en dĂ©cembre de cette mĂȘme annĂ©e et J. Fenassile devient Maire.
JC Grosse prĂ©cise ses relations avec le nouveau maire dans son entretien du 5 mars 2015 :
« Concernant la Maison des Comoni, le Conseil GĂ©nĂ©ral et l’Etat maintenaient leurs subventions mais le nouveau maire souhaitait une double programmation, une programmation plus « Ă©litiste Â» dont j’étais toujours chargĂ© et une autre plus accessible que le maire a confiĂ© Ă  J.Loup Grandchamp, ancien chargĂ© des relations publiques des 4 saisons. Ce dernier Ă©tait payĂ© par la mairie. Cette double programmation a durĂ© 2 ans, peut-ĂȘtre un peu moins parce que l’Etat n’acceptait pas cette double programmation. Â» 



 Quant Ă  J. Fenassile, elle explique ses choix culturels de l’époque :
« On voulait d’abord faire un 1er pĂŽle  avec La Valette et La Garde avant de nĂ©gocier avec Toulon dans le cadre de TPM car on avait peur de se faire avaler. Et on a Ă©tĂ© scĂšne nationale,  pour un petit village comme Le Revest c’était exceptionnel. Le but c’était de faire bien sur le dĂ©partement, faire de l’excellence comme la Maison Tamaris Pacha qui n’est pas bien exploitĂ©e, la salle d’expo ne sert presque plus. On a eu de trĂšs belles expos, Sardi, Dufresne... On avait une rĂ©putation...
Le ThĂ©Ăątre LibertĂ© n’existait pas Ă  l’époque et Toulon n’est pas rĂ©putĂ© pour sa culture. Nous, on a dĂ©marrĂ© en 90/91 Â».



En 2003, les 4 saisons fĂȘtent leurs 20 ans au moment oĂč les Comoni deviennent Ă©quipement structurant de TPM en dĂ©cembre et avec elle son instance de programmation. Ange Musso est maire depuis 2001. Et pour expliquer la place des Comoni aujourd’hui dans TPM et comme scĂšne conventionnĂ©e, il faut revenir Ă  l’histoire des 4 saisons du Revest car les 2 structures ont des histoires liĂ©es.



JC Grosse explique dans son entretien du 5 mars 2015 :


La RĂ©gion a financĂ© pendant plusieurs annĂ©es pour que les 7 thĂ©Ăątres : Le Revest avec les Comoni, La Valette et le ThĂ©Ăątre Marelios, La Garde  et le ThĂ©Ăątre du Rocher, Le Pradet et son espace des Arts, Toulon – Le ComĂ©dia, La Seyne avec le ThĂ©Ăątre Apollinaire, Sanary et le ThĂ©Ăątre Galli, dont chacun avait sa spĂ©cialitĂ©,  fassent circuler les programmations. Sous le nom de « RĂ©seau ScĂšne(s) Â» de 99 Ă  2005 une vĂ©ritable synergie s’est crĂ©Ă©e entre les directeurs qui subventionnaient un projet par an aprĂšs un choix collectif. Un autre rĂ©seau, « Traverse Â»  de 94 Ă  98 regroupait les ThĂ©Ăątres de Draguignan, Grasse, Fos, Istres, La Seyne, Le Revest. Ce rĂ©seau Ă©tait dĂ©diĂ© Ă  la diffusion de spectacles en dehors du Var mais toujours dans la mĂȘme rĂ©gion.
Ce qui a fait la force des Comoni, c’était son ouverture Ă  des formes nouvelles, Ă  de jeunes compagnies, Ă  d’autres structures. Â»


En 2004 Les Comoni passent Ă  TPM et en mĂȘme temps son instance de programmation « les 4 saisons Â».

De son cĂŽtĂ©, J. Fenassile en qualitĂ© d’élue, d’abord comme adjointe Ă  la culture puis comme maire, cherche aussi Ă  se rapprocher des autres communes :

« (Ensuite) j’ai cherchĂ© Ă  ce que les communes de la Valette, la Garde, le Pradet travaillent ensemble pour faire des pĂŽles d’excellence. Nous avons crĂ©Ă© une association entre les 4 pĂŽles culture. Â»



En septembre 2004, le contrat qui liait JC. Grosse et les 4 saisons du Revest et TPM est rompu.


JC.Grosse explique dans son entretien le déroulé des événements qui vont faire de la Maison des Comoni un PÎle Jeune Public (PJP).
« J’ai essayĂ© de nĂ©gocier auprĂšs des Ă©lus et de ValĂ©rie Paecht la directrice de la culture de TPM. La nĂ©gociation a Ă©chouĂ©. J’ai donc remis les clefs de la salle en dĂ©cembre 2004. Mi-octobre, j’ai fait paraĂźtre une lettre ouverte  Ă  50 000 exemplaires, trĂšs politique.
Pour moi, les effets de cette lettre sont rĂ©els car Ă  la suite de sa parution, TPM s’est demandĂ© ce qu’ils allaient faire des Comoni. Au dĂ©part, la salle devait devenir une salle de rĂ©pĂ©tition pour l’OpĂ©ra de Toulon et l’Orchestre rĂ©gional.
En dĂ©cembre 2004, ValĂ©rie Paecht  a tĂ©lĂ©phonĂ© au directeur du ThĂ©Ăątre de Draguignan (Liberto Valls) pour savoir ce qu’il en pensait. Liberto Valls a proposĂ© que Les Comoni deviennent un lieu dĂ©volu Ă  la jeunesse et Ă  l’enfance. ValĂ©rie Paecht a  proposĂ© l’idĂ©e Ă  la DRAC (Direction RĂ©gionale des Affaires Culturelles) qui a prĂ©fĂ©rĂ© que ce soit une scĂšne extĂ©rieure au dĂ©partement qui s’en occupe Ă  savoir l’espace MASSALIA de Marseille (Philippe Foulquier). Celui-ci  a acceptĂ© aprĂšs m’avoir tĂ©lĂ©phonĂ©.  DĂšs 2005, la programmation de la maison des Comoni a Ă©tĂ© rĂ©orientĂ©e et c’est Patrice Laisney, son directeur adjoint qui en a pris la direction. GrĂące au niveau d’exigence conservĂ©, les Comoni sont devenus une scĂšne conventionnĂ©e DRAC.


Finalement, ça s’est bien continuĂ© pour les Comoni. Le travail fait par les 4 saisons explique que la DRAC ait tout fait pour garder ce lieu comme un lieu de crĂ©ation. Les objectifs de TPM Ă©taient la diversitĂ© de la programmation, l’essaimage sur le territoire et l’augmentation de la frĂ©quentation.



La maison des Comoni appartient Ă  la commune, TPM s’occupe de la gestion (entretien des bĂątiments, personnels, rĂ©novation
) et dĂ©lĂšgue (dĂ©lĂ©gation de pouvoir public) Ă  l’association PJP  et Ă  son directeur Philippe Laisney, ancien directeur adjoint de Massalia, la programmation de la salle. Â»

Les 10 ans du Pole Jeune Public


Le Maire actuel Ange Musso , interrogĂ© Ă  ce sujet explique :
« Aujourd’hui, TPM est en charge de la gestion de la Maison des Comoni Ă  hauteur de 450 000€ environ. La Mairie paie chaque annĂ©e le transfert de charge qui Ă©tait  celui attribuĂ© Ă  la structure au moment de son transfert soit environ 90 000€. La subvention de TPM pour Le PJP est d’environ  210 000 € par an. Le dĂ©partement  et la DRAC sont les autres financeurs.
L’association «  les 4 saisons Â» Ă©tait plus ouverte sur les professionnels du spectacle. Marseille a assurĂ© la transition. Maintenant, c’est une association locale, le PJP qui gĂšre la programmation avec son directeur Patrice Laisney.


De 94 Ă  2001, je n’étais pas encore Ă©lu mais j’assistais aux diffĂ©rentes rĂ©unions en Les 10 ans du Pole Jeune PublicqualitĂ© de directeur de cabinet, il a fallu dĂ©fendre les subventions au Conseil GĂ©nĂ©ral. Il y a eu beaucoup de dĂ©bats avec de vraies divergences au sein du conseil municipal. Sur la façon de gĂ©rer entre autres. C’était assez compliquĂ© pour ceux qui utilisaient la salle. Certains voulaient revenir Ă  une salle polyvalente. Aujourd’hui le PĂŽle Jeune Public  est reconnu. Le cafĂ© thĂ©Ăątre c’est complĂ©mentaire. Cela permet une ouverture sur d’autres types de publics. Au bar  quand on parlait de la maison des Comoni on disait la « maison des conneries Â». Les relations de la Maison des Comoni et des villageois n’étaient pas terribles. Mais il y avait une vraie qualitĂ© culturelle reconnue par l’Etat. Et l’image de la maison a changĂ©. La coupure avec le village n’existe plus. Â»

Une histoire bien mouvementĂ©e, remplie de passions, de dĂ©ceptions, d’occasions manquĂ©es pour certains mais  qui se termine bien puisque, 25 ans plus tard, la Maison des Comoni existe toujours. 


 Nous sommes allĂ©s voir Patrice Laisney le 22 avril 2015 pour l’interroger Ă  propos du PĂŽle Jeune Public aujourd’hui. Il nous a reçus avec Cyrille Elslander  son directeur adjoint (ancien mĂ©diateur culturel des 4 saisons).


Le PJP  a dĂ©butĂ© il y a 10 ans en 2005. C’est un lieu de crĂ©ation, vrai engagement culturel dans un village gaulois.
Avant j’étais le directeur adjoint du thĂ©Ăątre Massalia Ă  Marseille. Je connaissais JC. Grosse, il venait pour voir des metteurs en scĂšne et pour organiser les mardis des enfants.

TPM et la DRAC m’ont sollicitĂ©  sur l’idĂ©e d’un pĂŽle jeune public en dĂ©cembre 2004 et le premier spectacle a eu lieu en fĂ©vrier 2005. Pour la 1Ăšre saison, on a donnĂ© le ton et on a fait venir des grandes pointures europĂ©ennes. C’était un peu compliquĂ© pour moi par rapport Ă  ma façon de communiquer, par rapport au fait que je succĂ©dais Ă  JC. Grosse,   vis-Ă -vis du milieu du thĂ©Ăątre et parce que je venais des Bouches du RhĂŽne, mĂȘme si je suis toulonnais.

Le pĂŽle a un rayonnement sur l’ensemble de l’agglomĂ©ration, il faut ĂȘtre prĂ©sent dans toutes les communes y compris dans les crĂšches. On part du Revest et on va ailleurs. Le PJP reprĂ©sente environ 35 000 spectateurs par an. Ça fait connaitre le village.
 Un des enjeux est de faire venir les familles. Les gens aiment bien l’ambiance des Comoni, il y a des pots Ă  la fin du spectacle. Aujourd’hui on a la confiance du public et on a une trĂšs grande libertĂ© par rapport Ă  TPM. Lors de la 1Ăšre saison  nous avions programmĂ©: « Ado missile Â» qui Ă©tait un  spectacle osĂ©.

Il faut un Ă©quilibre dans la programmation et on travaille sur 11 communes. C’est un travail de territoire. On aborde tous les sujets ; la mort, l’intĂ©grisme, la sexualitĂ©, la guerre
 mais aussi des divertissements comme des contes ou du cirque.  Nous organisons  de 40 Ă  50 spectacles par an. Peu Ă  peu la vision des gens change, les parents se sentent concernĂ©s, mĂȘme les papas ! Quels ont Ă©tĂ© les bons moments en 10 ans ? Les rassemblements des vieux grĂ©ements en 2007 et 2013, gros spectacles de rues Ă  Toulon que nous avons organisĂ©s. On amĂšne le spectacle auprĂšs des citoyens, c’est une dĂ©marche populaire. De mĂȘme nous organisons des spectacles de fin d’annĂ©e avec les Ă©coles du Revest comme «  Docteur Jekkil et Mister Hyde Â» il y a 5 ans, sur de la musique contemporaine !
L’annĂ©e prochaine nous assurerons la programmation de La Garde, La Valette, Le Pradet, Saint Maximin, La Seyne.
En 10 ans, il y a 3 fois plus de Revestois présents et les écoles du Revest en profitent largement.

Depuis 3 ans nous sommes scĂšne conventionnĂ©e. C’est un label signĂ© pour 3 ans avec l’Etat pour l’enfance et la jeunesse. Il y en a 20 en France dont Le Revest et c’est une vraie reconnaissance du travail que nous faisons sur le territoire. Cette annĂ©e, nous demandons le renouvellement  du label et nous attendons la rĂ©ponse pour les annĂ©es 2015/16/17. Nous sommes en outre un centre de ressources territorial auprĂšs des enseignants, des communes, pour Ă©laborer des propositions.

Il y a 12 personnes qui travaillent au PJP : 7 administratifs et 8  personnels techniques. Le personnel est en partie pris en charge par TPM.

Si j’ai un mauvais souvenir ?  Je me souviens d’une soirĂ©e de l’Insolite avec un repas pour 150 personnes prĂ©vues mais ce soir lĂ  il y a eu de la neige au Revest. 80 personnes sont venues quand mĂȘme mais on a eu un peu peur.
Le dĂ©veloppement du pĂŽle a Ă©tĂ© fulgurant. Gilles Caillaud, installĂ© Ă  la Valette comme artiste en rĂ©sidence sous l’incitation du PJP  fĂȘtera sa 600Ăšme du « Tour complet du cƓur Â» en juin au Revest pour les manifestations organisĂ©es pour les 25 ans le la Maison.

Un bel anniversaire !

Le PJP c’est aussi 350 bus affrĂ©tĂ©s par an pour l’ensemble de la communautĂ© d’agglomĂ©ration, ils sont financĂ©s par TPM. Mais la salle des Comoni est aussi mise Ă  disposition pour les repas des anciens  par exemple. Nous travaillons dans l’intĂ©rĂȘt communal.


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