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Lundi 4 juillet 2022

🚌 Autobus, cars & Co - Histoire des transports en commun entre Toulon et Le Revest


Source : Claude Chesnaud dans le bulletin N°58 de mai 2012 de la Société des Amis du Vieux Revest et du Val d'ArdÚne


PĂ©titionner  est  un  acte  trĂšs  ancien  qui  permet  une  expression  dĂ©mocratique fondamentale. Bien souvent, c’est l’exaspĂ©ration qui motive cette dĂ©marche. Mais grĂące Ă  ce type de communication et  aprĂšs la lecture d’une pĂ©tition et de sa lettre d’accompagnement Ă©crite par le citoyen revestois, ATXER Justin, nous allons pouvoir (partiellement ?) remonter le temps.


La pétition de 1936

ATXER Justin qui se veut « interprĂšte des usagers des cars desservant si mal notre Commune » adresse, en date du 13 septembre 1936, une requĂȘte Ă  MEIFFRET Pierre, maire du Revest-les-Eaux :


« Depuis de nombreuses annĂ©es un service de transport en commun fonctionne sur la ligne  Toulon-Le Revest, service subventionnĂ© par l’État (PTT), le DĂ©partement et la Commune du Revest-les-Eaux. Depuis sa crĂ©ation, la ligne est desservie par les mĂȘmes vĂ©hicules, non confortables (vieux chĂąssis de carrosserie Berliet) transportant, trimbalant plutĂŽt les voyageurs Ă  des heures tout Ă  fait incommodantes pour nous.


Des ouvriers, de plus en plus nombreux, vont Ă  Toulon, ville voisine, soit Ă  l’industrie, soit Ă  l’Arsenal. Aucun transport sĂ©rieux n’existe pour cela. »


Les  Revestois, pour effectuer les 7 kilomĂštres, mettent 35 minutes : « Ce  qui reprĂ©sente une vitesse horaire de 12 kilomĂštres », prĂ©cise l’interprĂšte des usagers. Sans oublier : « Que l’on est assis sur des banquettes en bois non rembourrĂ©es. »
Il est important de rappeler que le terminus du tramway le plus proche était à 3 kilomÚtres, à la Chapelle des Moulins. 3 kilomÚtres Aller le matin et 3 kilomÚtres Retour le soir : une charge supplémentaire pour des ouvriers effectuant des tùches pénibles.


Le Conseil municipal, « Ă©mu par ces dolĂ©ances », se rĂ©unit le 12 octobre 1936. Il constate  le  bien-fondĂ© de la pĂ©tition et,  « devant l’intransigeance Ă©goĂŻste du concessionnaire » saisit les pouvoirs publics : le Conseil d’arrondissement et le Conseil gĂ©nĂ©ral (M. VACQUIER).
A ce stade de nos recherches, nous ne pouvons pas Ă©crire avec certitude les conclusions de l’ensemble de cette dĂ©marche. Ce que nous pouvons faire, c’est un retour dans le temps : Ă  partir de 1919.


Le 20 avril 1919, EugĂšne CHAIX, alors Maire par intĂ©rim du Revest, lors d’un conseil municipal constate « avec peine » que l’organisation des « transports rapides » du dĂ©partement favorise certains qui disposent de deux ou trois moyens de locomotions rapides. « D’autres, par contre, qui sont Ă  plus de 8 kilomĂštres (lire : Le Revest ...) de toutes voies ferrĂ©es Ă  traction Ă©lectrique ou Ă  traction Ă  vapeur n’ont mĂȘme pas un facteur en voiture. MĂȘme l’antique diligence de nos pĂšres leur (lire : les Revestois...) fait dĂ©faut .»


En 1919, le dĂ©lai de voyage entre Le Revest et Toulon (alors Chef lieu d’arrondissement) Ă©tait de 2 heures.


Une convention de service public en 1923

Le 10 novembre 1923, le PrĂ©fet du Var (au nom du dĂ©partement) signe avec M. GENIN, entrepreneur Ă  Toulon, une convention afin d’établir un service public, avec subventions dĂ©partementales exclusivement, de transport de voyageurs et de marchandises par voitures automobiles entre Toulon et le Revest en se rĂ©fĂ©rant au cahier des charges suivant :

  • DĂ©part Toulon, terminus Le Revest,
  • ItinĂ©raire : Rue Hippolyte Duprat, Boulevard de Strasbourg, Avenue Lazare Carnot, Chemin de grande communication n°46 et l’annexe de ce chemin sur le Revest,
  • TraversĂ©es des localitĂ©s : Faubourgs Saint-Roch et Armand BarbĂšs ; Hameau de la Chapelle des Moulins,
  • La longueur totale est Ă©valuĂ©e Ă  7 kilomĂštres 500,
  • L’entreprise aura 5 annĂ©es d’exploitation Ă  compter du 1 er avril 1923,
  • Le matĂ©riel comprendra au moins deux voitures pour voyageurs pouvant porter chacune dix voyageurs et 250 kilogrammes de bagages et de messagerie,
  • Les vĂ©hicules seront agrĂ©Ă© s par la prĂ©fecture,
  • La charge par essieu ne dĂ©passera pas 2.000 kilogrammes pour les voitures et le poids par centimĂštre de largeur de jante ne dĂ©passera pas 150 kilogrammes,
  • Les roues des voitures pour voyageurs seront munies de bandages en caoutchouc,
  • Les moteurs seront entretenus avec tout le soin nĂ©cessaire pour assurer un service rĂ©gulier,
  • Leur puissance permettra de faire circuler les voitures Ă  la vitesse effective de 30 kilomĂštres Ă  l’heure en pallier pour une moyenne de 20 kilomĂštres sur l’ensemble du parcourt,
  • L’échappement de la fumĂ©e ou d es gaz s’effectuera au - dessus des voitures ou en dessous mais Ă  l’horizontal afin de ne pas dĂ©grader la chaussĂ©e,
  • Chacun des deux freins sera assez puissant pour permettre, Ă  une vitesse de 30 kilomĂštres, un arrĂȘt sur une distance de 25 mĂštres,
  • Les voitures pour les voyageurs seront closes et couvertes, les baies munies de panneaux ou de glaces mobiles susceptibles de les fermer hermĂ©tiquement. Elles seront garnies de stores,
  • Au - dessus des banquettes seront disposĂ©s des filets pour le rangement de colis Ă  l a main,
  • Les voitures seront Ă©clairĂ©es Ă  l’intĂ©rieur pendant la nuit,
  • Quand la tempĂ©rature extĂ©rieure descendra au - dessous de 6 degrĂ©s, le chauffage des voitures sera assurĂ© par un procĂ©dĂ© offrant toutes les garanties de salubritĂ© voulues,
  • Des bĂąches impermĂ©ables mettront les bagages et messageries Ă  l’abri de la pluie,
  • Les arrĂȘts seront faits Ă  la demande des voyageurs,
  • Les tarifs maximum sont les suivants :

- De Toulon Ă  la Chapelle des Moulins : 0,75 franc
- De la Chapelle des Moulins au Revest : 0,50 franc
- Ligne entiĂšre de Toulon au Revest : 1,25 franc
- Les enfants au-dessous de cinq ans ne payeront rien Ă  condition d’ĂȘtre tenus sur des genoux.
- Les mutilĂ©s ou rĂ©formĂ©s ayant au moins 50% d’invaliditĂ© obtiendront une rĂ©duction de 50%.
- Les petits colis Ă  main trouvant une place dans les filets seront admis en franchise.
- Les bagages de moins de 10 kilogrammes seront admis en franchise.
- Les tarifs pourront ĂȘtre rĂ©visĂ©s si le prix de l’essence a subi une fluctuation supĂ©rieure Ă  20%.
- Les tarifs seront affichés. »

Le 25 juin 1928, est signĂ© un avenant Ă  la convention du 14 janvier 1924 : devant M. CAMEAU, PrĂ©fet du Var, M. GENIN Auguste s’engage, Ă  compter du 1er avril 1928, Ă  continuer jusqu’en 1936 l’exploitation de la ligne entre Toulon et Le Revest.

Une subvention publique totale versée par le Département sera de 5.000 francs.


Un autobus garé face au Vieux Chùteau


Le 21 mars 1931, Madame Veuve GENIN fait savoir Ă  Marius CADIERE, maire du Revest-les-Eaux, qu’elle vient de cĂ©der le service Ă  Messieurs BOUCHARD et CAMPENIO Ă  compter du 1er avril 1931.

Le maire du Revest-les-Eaux, par une rĂ©ponse en date du 26 mars 1931 « regrette cette cession d’exploitation oĂč vos employĂ©s avaient la sympathie de nos concitoyens pour leur serviabilitĂ© et leur politesse avec les usagers. » Le conseil municipal s’associera Ă  ces remerciements.


Une demande de nouveaux horaires en 1935

Le 29 novembre 1935, M. BERTIN, IngĂ©nieur des T.P.E., envoie au maire du Revest une note-proposition du Conseiller d’arrondissement, M. VACQUIER :

  • ConsidĂ©rant le prĂ©judice causĂ© par ce service aux ouvriers du Revest de la VallĂ©e de Dardennes et aux enfants se rendant aux Ă©coles ;
  • ConsidĂ©rant qu’aucun service ouvrier n’est fait par cette entreprise le matin et le soir ;
  • ConsidĂ©rant que les subventions accordĂ©es par le DĂ©partement par le Service des P.T.T. et la Mairie du Revest s’élĂšvent Ă  la somme de 13.000 francs par an ;
  • ConsidĂ©rant (le besoin) d’apporter des amĂ©liorations qui inciteront les excursionnistes Ă  se rendre en plus grand nombre dans cette riante localitĂ© et que ce sera tout Ă  l’avantage du commerce local ;
  • Le Conseil d’ Arrondissement Ă©met le vƓu que satisfaction soit immĂ©diatement accordĂ©e aux habitants du Revest et de Dardennes, et que l’horaire soit modifiĂ© de la façon suivante :

Tableau des modificatins d'horaires demandées en 1935


Le 14 dĂ©cembre 1935, le maire du Revest retient la date du 18 dĂ©cembre : « Comme vous ne pouvez ĂȘtre entendu en sĂ©ance publique, j’ai dĂ©cidĂ© que le Conseil siĂ©gerait en sĂ©ance plĂ©niĂšre ; il n’y aura en consĂ©quence d’autres personnes prĂ©sentes en dehors de m es CollĂšgues du Conseil. »


Le 10 avril 1936, en rĂ©ponse Ă  la correspondance de la note de M. BERRIN du 29 novembre 1935, un constat de rupture est fait aprĂšs la convocation de M. BOUCHARD devant le conseil municipal. Le concessionnaire de la ligne Revest-Toulon rejette les propositions d’horaire demandĂ© par le Conseiller d’arrondissement, aprĂšs la rĂ©clamation faite par un conseiller municipal revestois. Il accepte de faire des voyages supplĂ©mentaires Ă  la seule condition qu’on lui alloue 50 francs par jour et par voyage supplĂ©mentaire. Le maire du Revest Ă©crit :
« Le budget de la Commune du Revest s’élevant au total Ă  50000 francs environ ne peut s’offrir ce luxe. Nous demandons Ă  ce que le DĂ©partement augmente la Subvention Ă  Monsieur BOUCHARD pour assurer le service demandĂ©. A notre avis, la seule solution possible serait que les allocations DĂ©partementale et Postale versĂ©es au Concessionnaire fussent payĂ©es Ă  la Mairie du Revest qui, Ă  ce moment lĂ , crĂ©erait un Service d’autobus en rĂ©gie municipale. »


Le 18 avril 1936, le maire du Revest souhaite, auprĂšs du directeur dĂ©partemental des Postes TĂ©lĂ©graphes TĂ©lĂ©phones (Ă  Draguignan) et auprĂšs du prĂ©fet du Var, obtenir la duplication de la convention qui rĂ©git le service d’autobus Revest-Toulon.


Le 21 avril 1936, le directeur dĂ©partemental des Postes-TĂ©lĂ©graphes-TĂ©lĂ©phones rĂ©pond nĂ©gativement, mais informe que la convention demandĂ©e et le marchĂ© de grĂ© Ă  grĂ© signĂ©s avec l’entrepreneur prennent fin le 31 dĂ©cembre 1936.


Le 9 mai 1936, le maire du Revest-les-Eaux intervient auprĂšs du Conseil gĂ©nĂ©ral du Var. Par une dĂ©libĂ©ration en date du 17 dĂ©cembre 1920, le Conseil gĂ©nĂ©ral a admis le principe de rĂ©organisation du service public automobile. Par une nouvelle dĂ©libĂ©ration du 21 janvier 1927, le Conseil n’a accordĂ© des concessions que jusqu’au 31 dĂ©cembre 1936. Mais, « sur protestation des entrepreneurs de transport », le maire du Revest souligne qu’un nouveau projet de rĂ©organisation, adoptĂ© en sĂ©ance du 17 mai 1935 par le Conseil gĂ©nĂ©ral, « donne satisfaction Ă  la protestation prĂ©citĂ©e » en imposant une prorogation automatique de tous les contrats jusqu’en dĂ©cembre 1940. « Il rĂ©sulte donc, en fait, qu’aucune modification d’un service de transport, reconnu depuis longtemps insuffisant, n’a Ă©tĂ© apportĂ©e en ce qui concerne la Commune du Revest. » Afin de compenser ce manque de transport, plus de 50 ouvriers sont obligĂ©s de faire 3 kilomĂštres Ă  pied et par toutes intempĂ©ries, matin et soir, pour prendre le tramway La Chapelle-Toulon.


Le 1er juillet 1936, le directeur des Postes-TĂ©lĂ©graphes et TĂ©lĂ©phones confirme que la concession relative Ă  l’exploitation d’un service automobile Le Revest-Toulon expire le 31 dĂ©cembre 1936.


Le 6 juillet 1936, le maire du Revest lui fait une rĂ©ponse de politesse ; par note manuscrite sur l e double du courrier, on peut lire « Ne rien faire, Des dĂ©marches vont ĂȘtre faites trĂšs prochainement par M. ZUNINO, dĂ©putĂ©. »


Le 10 aoĂ»t 1936, le maire du Revest-les-Eaux prĂ©vient le directeur dĂ©partemental des PTT d’une prochaine entrevue entre le PrĂ©fet, le dĂ©putĂ© Zunino et lui-mĂȘme.


Et c’est le 13 septembre 1936 que le pĂ©titionnaire ATXER Justin intervient au nom de :


Liste des pétitionnaires

Le 12 octobre 1936 , en sĂ©ance de conseil municipal, c’est la convention et le cahier des charges du 14 janvier 1924 rĂ©gissant l e transport des voyageurs de Toulon au Revest qui vont servir d’argumentaire au reprĂ©sentant de la Commune pour critiquer « le concessionnaire chargĂ© de cette mission de service public » et proposer une mise en concurrence afin d’obtenir le respect du cahi er des charges :


  • « Le parcours doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© en moins de 25 minutes car la vitesse moyenne est obligatoirement de 20 kilomĂštres Ă  l’heure, ce qui n’est le cas,
  • Les baies doivent ĂȘtre garnies de stores, ce qui n’est pas le cas,
  • Des bĂąches impermĂ©ables doivent mettre Ă  l’abri les bagages et messageries, ce qui n’est pas le cas,
  • Le prix du tarif applicable aux voyageurs, plus particuliĂšrement pour le trajet La Chapelle des Moulins
    Le Revest doit ĂȘtre de 0,50 franc, ce qui n’est pas le cas,
  • Pour les colis , les mĂȘmes remarques sur les tarifs non respectĂ©s sont faites. »


Le conseil municipal, Ă  l’unanimitĂ©, autorise le Maire « de prendre toutes les mesures nĂ©cessaires pour arriver au but projetĂ© : soit Ă  demander Ă  M. le PrĂ©fet l’autorisation de crĂ©er un service qui donnerait entiĂšrement satisfaction aux desiderata de la laborieuse et intĂ©ressante population du Revest, menacĂ©e dans ses intĂ©rĂȘts les plus immĂ©diats. Ce service pourrait ĂȘtre gĂ©rĂ© par une coopĂ©rative ouvriĂšre ou un service municipal (loi du 31 juillet 1913 et dĂ©cret du 1 er octobre 1926). »


Le 14 mai 1937 , le dĂ©putĂ© Zunino propose au prĂ©fet du Var une solution 2. Selon le dĂ©putĂ©, « puisque M. BOUCHARD reste sourd Ă  toutes sollicitations et la population ne peut tolĂ©rer cette inertie /.../ un servi ce de cars appartenant Ă  notre commune pourrait ĂȘtre autorisĂ© Ă  fonctionner sur son territoire en continuation des services existants /.../ Pour Ă©viter un stationnement Ă  l’emplacement utilisĂ© par l’autobus Bouchard, le nouveau stationnement serait prĂ©vu sur un terrain particulier, clos de murs, appartenant Ă  M. LAURE, propriĂ©taire qui le cĂ©derait gracieusement. /.../ Je soumets (aussi)) Ă  votre Ă  votre apprĂ©ciation une entente qui pourrait ĂȘtre consentie entre la Commune et M. LONG, propriĂ©taire des cars Antoine pour le prolongement du parcours de ces cars du point d’arrĂȘt du Barrage au Village du Revest et retour par le Chemin n°46. »


Le 30 avril 1937 , le PrĂ©fet du Var annonce au dĂ©putĂ© du Var M. ZUNINO qu’il intervient immĂ©diatement auprĂšs de l’ingĂ©nieur en chef des Ponts - et - ChaussĂ©es afin d’examiner la possibilitĂ© d’apporter une amĂ©lioration Ă  la situation.


Le 7 dĂ©cembre 1937 , M. BOUCHARD confirme son intention de vendre la ligne du Revest, et « Ă  prix Ă©gal vous accorde la prĂ©fĂ©rence /.../ Le matĂ©riel compris dans la vente, se compose de deux vĂ©hicules « Berliet » 20 CV. Type G.D.H., visibles dans notre garage et d’ailleurs connus de vous, puisqu’ils assurent le Service. Le prix total et forfaitaire, serait de 110.000 francs payables au Comptant. »


Le 23 dĂ©cembre 1937 , le maire du Revest-les-Eaux rĂ©pond que le conseil municipal, rĂ©uni le 22 dĂ©cembre 1937, « a pris connaissance de vos propositions, les envisage sous un aspect favorable et vous prie de vouloir bien diffĂ©rer l’acceptation de toute proposition qui pourrait vous ĂȘtre faite jusqu’au 15 janvier prochain, date Ă  laquelle nous serons en mesure de vous fixer dĂ©finitivement. »


Le 19 aoĂ»t 1938 , le Conseil municipal reçoit M. CAMPENIO, reprĂ©sentant les ‘Entrepreneurs’. Lecture est faite de la lettre du PrĂ© fet du Var proposant un nouvel horaire avec un dĂ©part toutes les heures de Toulon et du Revest. « Le Conseil municipal proteste unanimement contre cette proposition jugĂ©e insuffisante tant pour l’importante population ouvriĂšre du Revest, que pour les touri stes qui, nombreux, viennent visiter nos contrĂ©es . »


AprĂšs une derniĂšre intervention du maire, M. CAMPENIO accepte de faire un service avec un dĂ©part toutes les trente minutes. Alors, le Conseil municipal dĂ©cide « de demander au prĂ©fet du Var d’agir de to ute son autoritĂ© auprĂšs du ComitĂ© Technique des Transports Ă  Draguignan Ă  seule fin d’obtenir un service rĂ©gulier d’autobus qui fonctionnerait du matin 5 heures au soir 21 heures avec dĂ©part toutes les demi - heures de Toulon et du Revest. »


Le 5 janvier 1945 , le maire du Revest - les - Eaux écrit au Groupement interprofessionnel laitier, 19 rue Picot à Toulon, afin de porter à sa connaissance que « depuis quelques jours, notre Commune est desservie par un car qui part de Toulon, allée Ouest de la place de la Liberté. » Le concessionnaire est Monsieur Brun. « Vous pouvez faire remettre à ce dernier le lait frais revenant à ma commune (61 litres) . Mme Alzias, épiciÚre (au Revest - les - Eaux) est chargée de la distribution. »


Le 9 janvier 1945 , le maire du Revest - les - Eaux confirme par Ă©crit Ă  Monsieur Brun l’ entretien qu’il a eu quelques jours auparavant lors de leur premiĂšre rencontre : « Vous aurez Ă  nous transporter chaque jour le lait frais destinĂ© aux commerçants de ma commune. Pour cela, veuillez dire Ă  vos employĂ©s que les bidons de lait seront dĂ©posĂ©s Ă  l’entrĂ©e de la clinique Malartic au quartier Saint - Roch oĂč ils devront les prendre. »


Le 8 dĂ©cembre 1945 : en sĂ©ance plĂ©niĂšre du conseil municipal, le maire signale des irrĂ©gularitĂ©s « dans le fonctionnement du service du car ». Il arrive quelques fois que « le car ne monte pas au Revest ». « De ce fait, les ouvriers qui travaillent soit Ă  l’arsenal, soit dans les entreprises privĂ©es de Toulon ou dans divers magasins et bureaux de cette ville se trouvent dan s l’obligation de se rendre Ă  leur occupation Ă  pieds. Mal chaussĂ©s, et aussi mal couverts, ces usagers se trouvent ainsi dans une pĂ©nible situation. Il en est de mĂȘme pour nos mĂ©nagĂšres qui vont se ravitailler Ă  Toulon et pour les Ă©coliers qui frĂ©quentent les Ă©tablissements scolaires de la grande citĂ© voisine. » Le conseil municipal demande au sous - prĂ©fet de Toulon d’intervenir auprĂšs des concessionnaires de la ligne.





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