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Mercredi 21 octobre 2020

🐩 Le Pigeonnier - Description du pigeonnier en mars 2005


Pourquoi est-il situé là ?

Il est Ă©rigĂ© dans les rĂšgles de la construction des colombiers. Le colombier doit ĂȘtre dressĂ© sur un terrain aussi sec que possible, Ă   l'abri des vents dominants et exposĂ© au levant et au midi. C'est bien le cas de celui-ci : un socle de grĂšs sur lequel la pluie ne stagne pas, toute la surface du mur exposĂ©e au mistral est aveugle, la porte s'ouvre au sud-est et la grille d'envol est plein sud. Le pan inclinĂ© de la toiture ou reposaient les pigeons Ă©tait protĂ©gĂ© par un muret exposĂ© au vent dominant. Bien en Ă©vidence sur la falaise, il Ă©tait visible de loin pour les volatiles. Visible aussi du propriĂ©taire.


Quel est son aspect actuel (mars 2005) ?


Le pigeonnier en 2005
Une carte postale ancienne du pigeonnier
Le pigeonnier du Revest sur une carte postale avec un timbre
Vue sur le pigeonnier du Revest et le village
Carte postale ancienne du pigeonnier du Revest

C'est un colombier à pied. cylindrique "N'est considéré comme colombier à pied que celui qui est utilisé à cet effet du haut en bas de l'édifice: les autres étant de simples pigeonniers appelés volets ou fuies." Dans le Var existent d'autres pigeonniers cylindriques. Celui de Régusse est en bon état; celui du Cannet-des-Maures compte 380 boulins ; celui de Tourves-Vieux Saint Julien est restauré. Il est dit cylindrique, en réalité c'est un tronc de cÎne : la tour s'évase légÚrement du haut vers le bas. Circonférence externe, au pied prÚs de l7 m. DiamÚtre intérieur : 4,10 m.


Une ruine qui a perdu presque la moitié de sa hauteur.


Selon le plan de restauration prĂ©vu, il atteignait au nord 5,30 au-dessus du sol. De cette cote, un toit s'inclinait en pente douce vers le sud. Le vestige n'a plus ni le toit ni muret anti-mistral qui s'Ă©levait en bordure du toit. Disparues aussi la charpente et l'Ă©chelle  tournant sur un axe central nĂ©cessaire Ă  la visite des nids. Aucun boulin non plus ou nichaient les couples de pigeons : les murs sont nus. Le sol est recouvert d'une couche de gravats allant en s'Ă©paississant de la porte au mur pour friser les 35 cm Un chĂȘne vert, trĂšs vigoureux, a pris racine au pied du mur, cĂŽtĂ© ouest ; son sommet dĂ©passe le larmier.


Le socle rocheux sur lequel il est érigé présente une surface quasiment plane mais inclinée d'environ 30° du nord-est au sud-ouest. Il a donc fallu creuser une plate-forme dans la roche sur laquelle pourrait s'élever la tour. Ce qui, vu de l'extérieur, donne une hauteur de mur plus petite au nord qu'au sud, soit 2,85 m contre prÚs de 4 m de la base au larmier. La base extérieure du mur suit le plan incliné de son assise, descendant ainsi plus bas que la plate-forme. La porte est de plain-pied avec la plate-forme séparée de l'extérieur par un seuil en pierre calcaire équarrie de 22 cm de large, sur laquelle se voient les coups de tétu (ou marteau-tétu).


Le mur, d'une Ă©paisseur de 65 cm, fragilisĂ© par quelques lĂ©zardes verticales, est constituĂ© d'un petit matĂ©riau tout venant placĂ© entre deux parements de pierres Ă  la face externe Ă  peu prĂšs plane. Le matĂ©riau employĂ© est du grĂšs scellĂ© par un mortier de chaux et de sable. La base des parements est faite de gros blocs grossiers disposĂ©s en lits Ă  peu prĂšs rĂ©guliers ; vers le haut, on a utilisĂ© de plus petites pierres. Le crĂ©pi lissĂ© des parements intĂ©rieur et extĂ©rieur est en partie tombĂ© laissant Ă  nu le matĂ©riau de construction, fait d'un mortier de sable et de chaux, d'une Ă©paisseur d'un centimĂštre et demi, il est trĂšs dĂ©tĂ©riorĂ© sur le cĂŽtĂ© nord ; Ă  l'intĂ©rieur, il  prĂ©sente un curieux aspect vermiculĂ©. A l'intĂ©rieur, le mur est creusĂ© d'une ligne de petits trous semblables, espacĂ©s de 20 cm, formant une ligne Ă  90 cm du sol. Ils ressemblent Ă  des emplacements pour les chevilles de bois qui maintenaient les rangĂ©es de boulins. Il est curieux de constater que c'est le seul endroit de la tour il y en ait Ce n'est pas impossible, vu leur disposition. Quelques gros trous dont un Ă  ouverture carrĂ©e de 20 cm pĂ©nĂštrent le mur ; peut-ĂȘtre ont-ils servi Ă  soutenir un Ă©chafaudage de construction ?


L'entrée, ouverte vers le sud-est, reçoit le soleil dÚs qu'il pointe au-dessus du Mont-Combe, bien avant le village accroché au rocher de la Tour Sarrasine. Large de 1,00 m sur 1,50 m de haut, elle n'a plus de vantail Des pieds-droits ne subsistent pour chacun que la base ; un bloc de calcaire équarri de 40 cm de long sur 25 de large ; celui de gauche en entrant est une pierre à bosse (2); celui de droite a conservé un scellement métallique Le tailleur de pierre a pratiqué sur la face interne de chacun, en vis-à-vis, un décrochement de 5 cm sur la longueur, au milieu de la longueur, qui pouvait servir d'appui à la porte de bois. L'espacement entre les deux blocs, à l'entrée est de 63 cm. Le linteau de bois a disparu mais son emplacement est bien visible, surtout à droite (ope de I 2 sur l2).


Le larmier ( 1 ) dessine, vu de loin, une ligne noire qui ceint la tour. Mais les lauzes, encore solidement scellĂ©es dans la paroi, sont presque toutes Ă©brĂ©chĂ©es ; cette corniche d'une vingtaine de centimĂštres de large empĂȘchait les nuisibles (putois, fouines, rats) de pĂ©nĂ©trer dans l'enceinte.


La grille d'envol, de 50 cm d'ouverture, à 3,50 m du sol, a perdu sa partie supérieure et son encadrement. Elle s'ouvre vers le sud à 30° de l'entrée.


Observation annexe

La surface rocheuse sur laquelle est implantĂ©e le pigeonnier est percĂ©e de trous cylindriques, tous semblables, de 3 cm de diamĂštre sur 6 ou 7 de profondeur. Ils forment des dessins gĂ©omĂ©triques. Sur le plan inclinĂ© qui permet d'accĂ©der Ă  l'entrĂ©e se voient quatre alignements parallĂšles Signification ? Je pencherais pour une intervention nĂ©cessitĂ©e par la volontĂ© de creuser la roche, Ă  coups de ciseau qui permettrait de relier les trous entre eux Peut-ĂȘtre y-a-il une autre explication technique.


Notes

1 - Larmier : voir ci-aprĂšs "DĂ©tails d'architecture".
2 - Pierre à bossage : c'est une pierre de construction, équarrie, dont la surface apparente est taillée pour former une bosse cernée d'un à-plat qui suit le bord de la pierre ; le parement extérieur de la Tour Sarrazine du Revest-les-Eaux est fait en partie de pierres à bossage. Cette technique utilisée par les Romains prend son essor en Occident vers le 14e siÚcle.


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