Carnets du Revest

Carnets du Revest

Histoire & Patrimoine

Forum La  Place du village

Place du village

Échanges

Images Docs

Albums-Publications

Lignées du Revest

Généalogie

Revest Actualités

Revest Actualités

Revue de presse

🎹 Voir Le Revest en peinture

Le Revest en peinture

Infos Site

Mercredi 21 octobre 2020

♒ Les eaux du Revest - La source de la Ripelle


LA SOURCE DE LA RIPELLE par Roland VERNET


C’est un lieu de promenade trĂšs prisĂ© car on entre dans un cadre sauvage encore protĂ©gĂ© ; les flancs de la colline des ArgĂ©riĂšs que la piste a contournĂ©e par le sud et les hauteurs de la Vieille Valette se resserrent ; le lit du ruisseau, qui peut devenir torrent violent au moment de grandes pluies, se creuse cependant que le chemin s’élĂšve en pente douce. Le chemin d’origine va en ligne droite du chĂąteau Ă  la source par un collet, toujours en territoire revestois alors que la large piste qui suit le ruisseau est sur la commune de La Valette. D’aprĂšs la carte, la limite de commune passe entre la source et le rĂ©servoir construit Ă  trente mĂštres en aval.


La source


La source est toujours active. Son eau sort d’une galerie creusĂ©e pour la capter ; les parois sont brutes ; l’eau court sur un lit rocheux et elle est recueillie dans un petit bassin qui la freine avant qu’elle sorte Ă  l’air libre. NaguĂšre une grille aux barreaux Ă©pais, cadenassĂ©e, fermait l’entrĂ©e. Depuis peu, une porte mĂ©tallique avec serrure de sĂ»retĂ© obture la petite entrĂ©e ogivale (1m de haut sur 0,90 la large) Ă  l’encadrement de briques recouvert en partie par une couche mortier. En 1768, le cadastre Ă©voque dĂ©j Ă  cette « galerie creusĂ©e dans le roc ». Pour accĂ©der Ă  cette porte, il faut suivre le fond d’une gorge Ă©troite de 60 Ă  70 cm de large et profonde par endroits de plus de 4 m ouverte de main d’homme dans une barriĂšre rocheuse ; on voit des marques de barre Ă  mine.


Plan de la source de la Ripelle
Plan de la source de la Ripelle


Le CD-ROM « les cavitĂ©s du Var », de MM J.P. Lucot et Ph. Jubault, Ă©dition 2002, dĂ©crit ainsi les lieux : « AprĂšs une dizaine de mĂštres dans une galerie basse, en marchant les pieds dans l’eau, on arrive Ă  une Ă©troiture sĂ©vĂšre et aquatique. Ensuite, une petite salle amĂšne Ă  un boyau d’une quarantaine de mĂštres, obstruĂ© par des dĂ©pĂŽts argileux et sableux. » La source se trouve Ă  proximitĂ© du rĂ©seau du gouffre de La Ripelle que Monsieur Philippe Maurel a explorĂ©. Il pense que « la source de La Ripelle est vraisemblablement un exutoire du siphon situĂ© au fond du gouffre. »


Cheminement de l’eau


L’eau sort de la galerie, suit un canal de section rectangulaire, protĂ©gĂ© par des dalles de ciment, au fond de la gorge. Puis elle arrive dans un petit bassin, peu profond, en forme de baĂŻonnette, s’évasant progressivement vers l’aval, qui ralentit son mouvement. Un tuyau de fonte de 20 mm de section prend l’eau du bassin et la conduit jusqu’à un autre petit bassin carrĂ© (60 x 60) fermĂ© par un couvercle de tĂŽle amovible, construit juste Ă  l’entrĂ©e d’un tunnel et Ă  un mĂštre plus haut, sur un Ă©paulement terreux renforcĂ© par un mur de pierres ; cette dĂ©nivellation accĂ©lĂšre le mouvement de l’eau dans le tuyau branchĂ© Ă  la base du bassin. L’eau traverse ce tunnel par une canalisation de fonte de 20. À une centaine de mĂštres de la sortie ouest du tunnel, on trouve un petit bassin de rĂ©tention, quadrilatĂšre irrĂ©gulier, de 2,50m de profondeur ; il recevait l’eau sortie du tunnel. Celle-ci Ă©tait canalisĂ©e jusqu’au bassin du chĂąteau.


Le bassin du chĂąteau de la Ripelle
Le bassin du ChĂąteau de La Ripelle


Le domaine de La Ripelle recevait son eau d’irrigation par gravitation (altitude de dĂ©part 220m, altitude d’arrivĂ©e 140m, pour un parcours de prĂšs de 1200m de long. AprĂšs ce bassin, il subsiste, sur une centaine de mĂštres, les vestiges d’un aqueduc enterrĂ© Ă  fleur du sol, recouvert de petites dalles de pierres.


Le tunnel


La colline des ArgĂ©riĂšs faisant Ă©cran il a fallu creuser un tunnel d’environ 100 m de long (estimation faite avec la carte, la traversĂ©e pouvant prĂ©senter des dangers) pour que l’eau captĂ©e puisse passer sur l’autre versant. Quand on arrive Ă  proximitĂ© de la source, on dĂ©couvre l’entrĂ©e du tunnel. Une solide grille la protĂ©geait. Maintenant elle est dĂ©gondĂ©e et un seuil de bĂ©ton dĂ©tourne l’excĂ©dent d’eau vers le chemin d’accĂšs, rendu peu praticable de ce fait, mais la galerie n’est plus inondĂ©e. Elle a Ă©tĂ© creusĂ©e dans la colline et les parois ont Ă©tĂ© laissĂ©es Ă  l’état brut. La voĂ»te est arrondie. Les entrĂ©es en arcades, larges de 65 cm et hautes de 1,60 m, ont Ă©tĂ© soignĂ©es :  pieds droits et claveaux sont en pierre de taille et en briques. Une canalisation en fonte (tuyau de 20) traverse totalement le tunnel, en longeant sa paroi nord ; elle est branchĂ©e sur le petit bassin construit Ă  l’entrĂ©e, et elle est supportĂ©e, Ă  intervalles Ă©gaux, par des plots de bĂ©ton. Il reste suffisamment de place pour qu’un agent d’entretien puisse se dĂ©placer sans encombre le long du tuyau.


Un bassin


De grandes dimensions (10m x 20m, par 2,70m de profondeur, soit 540 m3), il a Ă©tĂ© construit Ă  20 m de la source, en face du tunnel ; il servait de rĂ©servoir, recueillant le surplus des eaux de la source. Ses murs, Ă©pais pour rĂ©sister Ă  la pression de l’eau contenue, sont en pierre de taille. On voit encore son enduit intĂ©rieur ; pour faciliter l’étanchĂ©itĂ©, le constructeur a arrondi les angles. AbandonnĂ©, il ne conserve plus l’eau ; un roncier qui prolifĂšre, des arbrisseaux et un gros peuplier (mort Ă  prĂ©sent mais debout) ont pris possession des lieux ; et voilĂ  deux ans, Ă  la suite de fortes pluies, une partie du mur est n’a pas rĂ©sistĂ© Ă  la poussĂ©e et s’est renversĂ©.


Sept blocs parallĂ©lĂ©pipĂ©diques, de section carrĂ©e (40 x 40) pour une Ă©paisseur de 25 cm, dĂ©bordent de 30 cm de la paroi aval intĂ©rieure et servent de marches ; ainsi pouvait-on descendre dans le fond pour entretenir le bassin. Deux dĂ©versoirs : un en amont par lequel l’eau entrait dans le bassin, un en aval, en vis-Ă -vis, par lequel s’écoulait le trop-plein ; ce sont deux Ă©pais blocs de pierre, oblongs, creusĂ©s d’une goulotte longitudinale, se terminant en forme de bec, fixĂ©s en travers du sommet du mur, qui servaient de dĂ©versoirs.


L’eau Ă©vacuĂ©e Ă©tait rĂ©cupĂ©rĂ©e par un petit tunnel Ă  la base du mur aval pour rejoindre le lit du ruisseau. Ce tunnel voĂ»tĂ©, construit en pierres de taille, est long de 15 m, large de 90 cm et haut d’1 m ; il part du pied de ce mur aval dans le sens longitudinal. Un mur solide le prolonge, et protĂšge le flanc terreux d’une Ă©rosion possible. La base du mur aval du bassin est renforcĂ©e jusqu’aux trois quarts de sa hauteur par un mur de pierre de 40 cm de large.


PrĂšs de l’escalier, un support, pierre arrondie, de 20 x 20, dĂ©borde de la paroi intĂ©rieure, Ă  90 cm du sommet et porte une piĂšce mĂ©tallique ronde, indĂ©finissable ; en travers du sommet du mur, Ă  l’aplomb de cette pierre, une lame de mĂ©tal a Ă©tĂ© scellĂ©e ; peut-ĂȘtre y avait-il une pompe qui reposait sur la pierre en question ?


Et le ruisseau des ArgériÚs ?


On l’appelle parfois « ruisseau de La Ripelle ». Contournant la colline des ArgĂ©riĂšs, il a pris naturellement le nom de celle-ci. Il reçoit quelques ruisselets, le plus souvent Ă  sec, dont celui de La Moutte. Si l’eau de la source s’y dĂ©verse, ce n’est pas d’elle qu’il prend naissance. Quand on est arrivĂ© en vue de la source, il faut passer sous la voĂ»te d’un hallier pour remonter un cañon qui prĂ©sente quelques seuils rocheux et quelques mini « marmites de gĂ©ant » pour atteindre un pont naturel, derriĂšre lequel s’ouvre une large salle Ă  ciel ouvert, le plafond s’étant effondrĂ© ; elle forme rĂ©ceptacle des eaux de ruissellement qui y arrivent par ses deux extrĂ©mitĂ©s trĂšs argileuses mais surtout par un lit rocheux et encaissĂ© qui reçoit une partie des eaux de pluie du plan inclinĂ© du domaine de Tourris, cernĂ© par les hauteurs de la Vieille Valette, celles des Bouisses et le flanc est du Mont Combe. L’eau de ce ruisseau tombe en cascade dans le rĂ©ceptacle du pont naturel, amenant une telle quantitĂ© de cailloux qu’il arrive que l’arche du pont soit en partie obstruĂ©e.


Source : Société des Amis du Vieux Revest et du Val d'ArdÚne


Index |Info | Imprimer | | PDF Permalien