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Jeudi 5 août 2021

♒ Les eaux du Revest - Plongée dans les profondeurs du Ragas



Ce week-end de mars 2021, deux équipes de plongeurs spéléologues avaient rendez-vous en eau profonde pour tenter de dépasser les « terminus » atteints en 1989 par les plongeurs Claude Touloumdjan (-105m sous l’eau) puis au-delà par le suisse Jean-Jacques Bolanz (-118m, soit au fond du siphon à -151 mètres de l’entrée du gouffre).

 

Deux ans de préparation ont été nécessaires pour mettre sur pied cette nouvelle exploration, profitant du niveau de l’eau particulièrement bas dans le gouffre en raison de la vidange du lac ; une campagne de travaux est en cours sur la retenue de Dardennes, pour dix-huit mois à deux ans, ayant pour objet l’agrandissement de l’évacuateur de crues et le confortement du barrage.

 

Une vingtaine de personnes ont participé à cette opération mobilisant plongeurs et spéléologues des clubs de la région (PlongéeSout, Comité Départemental de Spéléologie du Var-CDS83), au fond et en appui en surface pour assurer la mise en place, la sécurité, le portage du matériel...

 

Patrice Cabanel est descendu ce samedi 20 mars à 112 mètres sous l’eau, soit à 158 mètres sous le niveau du sol à l’entrée du Ragas[1], au-delà du terminus atteint par Jean-Jacques Bolanz, trente-deux ans après !

 

À l’occasion d’une sortie au fond du lac pour explorer les exutoires… en surface, à laquelle Philippe Maurel a généreusement prêté son concours, nous avons pu assister en direct, privilégiés, à la remontée de Patrice Cabanel et à ses premiers commentaires, repris un peu plus tard de sa main :

 

Ce week-end fut à la fois une réussite mais aussi une déception. Réussite parce que les terminus de Touloumdjan et de Bolanz ont été visités et dépassés, mais cependant une déception car ceci a été fait en solitaire et non en équipe comme cela avait été prévu (avec Rémi Bouchard, coorganisateur de cette exploration, victime d'un problème technique sur son matériel ). De plus, le grand puits qui s’élargissait de plus en plus semble se pincer et perdre sa verticalité aux alentours des terminus de ces deux plongeurs. J’ai pu descendre dans une faille étroite et en naviguant entre des blocs pour finir dans une petite alcôve, ayant la place uniquement de me retourner pour rentrer, à 112 mètres.

 

Nous avons cherché avec Alain Fournet un autre passage dans la plus grande partie du puits - celle que n’avait sans doute pas vue Bolanz - mais les espoirs sont minces. Le grand puits bute aussi sur l’éboulis de gros blocs d’où semble filtrer l’actif [2]

 

Une magnifique aventure, avec beaucoup de participants sans qui rien n’aurait été possible !

 

Nous ramenons aujourd’hui un souvenir, le dévidoir[3] de Bolanz…

 

Cette performance et la profondeur atteinte ont été possibles grâce aux avancées technologiques de ces dernières décennies (plongée au recycleur, qui stocke le CO2 et permet de réutiliser l’oxygène expiré) et à l’évolution des mélanges gazeux (Trimix : dioxygène, hélium, diazote) adaptés à des plongées profondes à plus de 40m.

 

Photos D. Quartiano

 

Une vingtaine de minutes a suffi pour atteindre le fond, mais la remontée a duré 1h15, en raison des paliers indispensables à respecter.

 

Une organisation sans faille, des plongeurs de pointe, beaucoup d’émotion et d’enthousiasme pour cet épisode marquant qui en appelle d’autres. Patrice Cabanel ne rêve qu’à une chose :

« Y retourner pour fouiller l’éboulis et trouver un passage, en équipe ! »

 

[1] L’entrée du gouffre se situe à la cote 149, c’est-à-dire à 149 mètres au-dessus du niveau de la mer

[2] actif : dans ce contexte, apport de la réserve d’eau souterraine

[3] dévidoir, touret : enrouleur de fil d’Ariane que les plongeurs utilisent pour trouver leur chemin dans les eaux boueuses.

 

Marie-Hélène Taillard, Mars 2021


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