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♖ Tourris - Histoire de la famille De Nas de Tourris



Quelle que soit la première origine de la famille de Tourris du nom de Nas, nous avons noté qu'on la rencontre établie à Aix-en-Provence dès le début du XVe siècle , elle y remplit les premières  charges municipales. Les documents  conservés nous permettent de suivre sa filiation à partir de Léonard de Nas, riche mercator d'Aix, dont le fils aîné Simon, né de son premier mariage avec Marguerite Silve, fut second consul de cette ville et vaillant capitaine anobli par Charles VIII en 1495, pour services rendus à la couronne de France pendant les guerres  d'Italie. Nous verrons que plus tard, à presque  toutes les générations,  dans l'armée  de terre et surtout  l'armée de mer, elle fournit des officiers distingués. Jean-Baptiste 1er de Nas occupa des charges à la cour. Aux marins toulonnais succèdent, à la fin du XVIIIe siècle, les pionniers de la plus grande France : la famille se transporte de Tourris à l'île Bourbon où elle existe encore et où elle essaima en d'autres colonies.

 

NDLR : cet article raconte Les Nas de Tourris à Tourris et à Toulon aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Pour les Nas de Tourris à l'Ile Bourbon (La Réunion aujourd'hui) du XVIIIe au XXe siècles, voir notre recueil Balade au château de Tourris. La rédaction est de Christophe Héquette, arrière-petit-fils de Théodore de Nas. Et nous avons publié également dans nos bulletins 26 à 29 entre 1999 et 2001 cette histoire de la famille de Nas de Tourris. Voir aussi la descendance de Simon Nas sur notre site de généalogie.

 

Le capitaine  Louis de Nas et son mariage avec l'héritière de Tourris.


Louis de Nas, premier du nom et premier Nas seigneur de Tourris, né à Aix vers 1519, fils de Henrigonnet de Nas et d'Antoinefte Signier de Piosin, auteur de la branche de Tourris, fut un des plus vaillants et des plus intrépides chevaliers de son temps. Il se signala  dans la guerre que firent les Français en Corse, sous les ordres du maréchal des Thermes, qui sut apprécier la valeur de celui qu'on avait coutume d'appeler le capitaine de Nas. Ce fut autant par sa bravoure que par sa science militaire que la ville de Bonifacio fut prise aux Génois, le 20 septembre  1553.

 

Louis de Nas épousa par contrat du 13 avril l55l Catherine  de Chautard dame de Tourris, veuve de noble Pierre de Gilly, fille unique et héritière de Jean de Chautard, seigneur de la terre de Tourris ou Turris, dont les Nas vont porter le nom et habiter le domaine seigneurial. Jean de Chautard avait acquis le fief de Tourris de Melchior de Vintilille, seigneur d'Ollioules en échange de quelques biens et titres qu'il possédait dans le terroir d'Ollioules. C'est par ce mariage, ainsi qu'il est prouvé par de nombreux actes et hommages que la terre de Tourris, située à deux petites lieues de la mer dans le bailliage de Toulon, passa avec justice haute, moyenne et basse et directes universelles, la maison de Nas, qui la conserva jusqu'en 1785, date à laquelle elle fut acquise par Joseph Aguillon, qui fut seigneur de Tourris jusqu'à la Révolution.

 

 

Le capitaine Jean-Baptiste 1er de Nas, seigneur de Tourris
gentilhomme de la chambre du duc d'Alençon

 

Jean-Baptiste de Nas, 1er du nom, né à Toulon en 1552, fils de Louis de Nas et de Catherine de Chautard, chevalier, capitaine de la cavalerie, fut seigneur de Tourris à la mort de son père survenue vers 1580. C'est lui qui fit édifier dans le bas Tourris le château de Nas, et à côté une chapelle gothique qu'il consacra  à Saint Jean-Baptiste, comme l'avait été l'église du haut Tourris plusieurs siècles auparavant. Jean-Baptiste de Nas fut fait gentilhomme de la chambre du duc d'Alençon, frère du roi Henri III, en récompense  des services qu'il rendit à la Couronne de France. Les lettres qui lui décernèrent cet honneur ont eté signées au camp de Château-Landon le 30 août l576. Cette charge de chevalier gentilhomme de chambre fut une sorte de stage où il se signala par sa vive intelligence, la promptitude et la justesse de son jugement, et surtout par ses décisions audacieuses. Fils d'un illustre soldat, il tiendra à son tour et avec non moins d'éclat un rang élevé dans l'armée royale. Ainsi se vit-il bientôt hautement apprécié. L'habilité  qu'il déploya  à conduire victorieusement certaines affaires délicates le porta rapidement au grade d'officier supérieur. Jean-Baptiste de Nas suivit le duc d'Alençon à la guerre des Flandres, où il commanda la cavalerie comme mestre de camp. Il fut tué en 1584, à l'âge de 32 ans, au siège de la ville d'Anvers. Sa mort fut une perte sérieuse que déplora la Cour. I1 ressort de divers documents le concernant qu'il avait servi avec distinction et qu'il était fort estimé de Henri III, de François duc d'Alençon, de Bussy d'Amboise et de Villeroi, alors secrétaire d'Etat. Dans l'histoire des guerres de Flandres, il est fait mention  de ce grand capitaine parmi les officiers généraux et les gens de qualité qui furent tués à l'attaque de la ville d'Anvers.

 

 

Bernardin de Nas, seigneur de Tourris, fils de Jean-Baptiste 1er de Nas et de Claude de Thomas de Sainte Marguerite

 

Bernardin de Nas, né à la Valette vers 1570, chevalier, seigneur de Tourris, fils  de Jean-Baptiste de Nas et de Claude de Thomas de Sainte-Marguerite, s'unit à l'âge de 22 ans, par contrat du 30 juin 1591, à Isabeau de Marin, d'une importante famille valettoise, connue dès le XIVe siècle. L'act reçu par Me Pierre Chabert, notaire royal à Toulon, mentionne que Bernardin de Nas, seigneur de Tourris, est fils de feu Jean-Baptiste de Nas et de damoiselle Claude de Thomas, dame du dit lieu de Tourris, et que Isabeau de Marin est la fille de feu le capitaine Jean de Marin et de Catherine Astour, habitants de la Valette. Il spécifie d'autre part que l'apport dotal de la fortune est constitué par 2.000 écus d'or et de terres à la Valette. Isabeau de Marin est qualifiée au mariage de son fils François avec Victoire de Saqui "dame de Tourris et de la présente ville de la Valette".

 

Le 11 janvier 1597, Bernardin de Nas prêta hommage et serment de fidélité, pour son fief et sa seigneurie de Tourris, au comte  de Provence qui lui en donna l'investiture, comme fils et héritier de Jean-Baptiste de Nas. Le 20 octobre 1614, la communauté  de la Valette, pour arrêter le cours du procès pendant devant le Conseil privé du Roi et devant la Cour du Parlement et des aides de Provence, entre elle d'une part, et Gaspard de Sainte-Marguerite et Henri de Thomas, tous deux seigneurs de la Garde et copropriétaires à la Valette des droits de haute justice d'autre part, à ceux-ci leurs droits, au prix de 18 000 livres tournois. Le contrat fut reçu dans la maison d'habitation du sieur de Baudouvin, par-devant maîtres Raymond Chabert et Augustin  Mourchou, notaires royaux  de la Valette et de la Garde.

 

Parmi les témoins de cet acte solennel figure, en qualité de député du Conseil général de la Valette, noble Bernardin de Nas, seigneur de Tourris, qui signe de Tourris. A la demande des consuls et des habitants de la Valette, la vente fut confirmée, ratifiée et approuvée par lettres patentes du roi Louis XIII, en date du 8 novembre 1614.

 

 

François de Nas, 1er du nom, seigneur de Tourris, fils de Bernardin de Nas et d'Isabeau de Marin

 

François de Nas, ler du nom, né au château de Tourris vers 1600, chevalier, seigneur de Tourris, fils de Bernardin de Nas et d'Isabeau de Marin, s'allia par contrat du l2 juillet 1642, à Victoire de Sagui, fille de noble François de Saqui, seigneur  de Fos, et de Lucrèce de Julhans. Il fut présent au contrat de mariage passé le 16 juin 1647 (Me Antoine Olivier, notaire à Aubagne), entre son cousin Pierre de Thomas, seigneur de Sainte-Marguerite, Hippolyte Garnier, fille de Jacques, seigneur de Julhans, et de Jeanne Debons.

 

François de Nas fut maintenu dans sa noblesse, en même temps que Jean-Baptiste de Nas son frère, par arrêt du parlement d'Aix du 24 janvier ? ; et par plusieurs jugements de I'Intendant de Provence de 1667, 1670, ï671, il fut déchargé de la taxe des francs-fiefs, en sa qualité de noble.

 

Il mourut à Tourris vers 1674, à l'âge de 75 ans environ et fut enseveli dans la chapelle de Saint-Jean-Baptiste.

 

De son mariage  avec Victoire de Saqui, François de Nas eut deux fils : Louis et François-Léon.

 

 

Louis de Nas 2e du nom, officier, seigneur  de Tourris, fils de François de Nas 1er du nom et de Victoire de Saqui

 

Louis de Nas, 2e du nom, né à Tourris en 1643, écuyer, chevalier, seigneur de Tourris, fils de François de Nas, 1er du nom, et de Victoire de Saqui, s'enrôla, sous les ordres de l'amiral duc de Beaufort, dans l'armée qui allait faire le siège de Candie. Il fut grièvement blessé au cours de ce siège en 1669, ce qui lui attira l'estime et la protection du duc de Beaufort. Dès son retour en France, il quitta le service et se retira dans ses terres. Il fut maintenu dans sa noblesse en 1668, en même temps que son père et Jean-Baptiste de Nas, son oncle. Le 26 janvier 1673, i| prêta hommage et serment de fidélité au comte de Provence pour son fief et sa seigneurie de Tourris. Par suite de cet hommage et de l'investiture qui lui fut accordée, eut lieu le 26 février 1682 le dénombrement des terres de Tourris, en vue de préciser l'étendue de ses droits de vassal et aussi de ses devoirs envers son suzerain, le roi de France. Par jugement des 12 avril 1674 et 18 août 1693 de l'Intendant de Provence, il fut déchargé, en sa qualité de noble, du paiement de la taxe des Francs-fiefs.

 

Louis de Nas épousa par contrat du 17 janvier 1671 Claire de Martin de Gars, fille de noble Jacques de Martin, écuyer, seigneur de Gars, et de Martine de Grasse, de l'importante  maison féodale des seigneur de Briançon, prince d'Antibes. Jacques de Martin de Gars était lui-même fils d'Antoine  et de Dorothée d'Aicard alias D'Icard, de Toulon, et de Marguerite de Grasse- Briançon, fille d'Alexandre de Grasse, seigneur  de Gars, premier consul à Draguignan, et d'Isabeau de Laurens, marié le 23 févier 1647, à Draguignan. Claire de Martin de Gars descendait directement par sa mère Marguerite de Grasse, de Rodoard prince d'Antibe en 960, ainsi que des Grimaldi, princes de Monaco. Cette branche des Grasse était très puissante en Provence et possédait les seigneuries de Bars, de Gars, de Briançon, d'Amirat, d'Antibes, Verrayon, Thorenc et de beaucoup d'autres lieux.

 

Louis de Nas mourut à Tourris en 1719, âgé de 76 ans, après avoir fait son testament, et fut inhumé dans sa chapelle de Saint-Jean-Baptiste.

 

De son alliance avec Claire de Martin de Gars sont issus quatre enfants : deux fils, François et Joseph-Antoine ; deux  filles, Claire et Marguerite.

 

 

François de Nas, 2e du nom, Officier de vaisseau, brigadier des gardes de marine, chevalier  de Saint-Louis, Seigneur de Tourris,
fils de Louis II de Nas et de Claire de Martin de Gars

 

François de Nas, 2e du nom né à Tourris en 1671, lieutenant de vaisseau, brigadier des gardes de marine de Sa Majesté à Toulon, chevalier de Saint-Louis, Seigneur de Tourris, fils de Louis Il de Nas et de Claire de Martin de Gars, épousa le 24 septembre 1706, Anne-Françoise de Bousquet, fille de Messire Pierre de Bousquet, avocat au Parlement, et de Catherine de Légier.

 

Françoise  de Bousquet appartenait à une notable famille toulonnaise, qui a donné à l'armée navale des officiers de haute valeur. Un de ses oncles, capitaine des vaisseaux du Roi, fut tué alors qu'il commandait son vaisseau et combattait contre deux navires de guerre hollandais, à l'entrée de la rade de Toulon.

 

François de Nas quitta le service quelques années après son mariage et vint se fixer dans ses terres. Comme fils héritier de Louis II de Nas, il reçut l'investiture de son fief et de sa seigneurie de Tourris,après prestation  d'hommage et de serment de fidélité au comte de Provence le 26 mai 17l9.

 

François de Nas mourut à Toulon le 17 août 1737, à l'âge de 66 ans, après  avoir fait son testament le 14 du même mois. Par cet acte de dernière volonté, il élit sa sépulture dans la chapelle de Tourris au tombeau  de ses ancêtres.

 

François de Nas avait restauré et considérablement agrandi le château de Tourris. De son mariage avec Françoise de Bousquet sont issus huit enfants tous nommés ci-après :

 

1 Jean-Baptiste de Nas, qui suit, auteur de la 11e génération
2 Joseph-Noêl-Godefroy de Nas, prêtre et chanoine du chapitre royal de Pignans
3 Louis-Magdelon de Nas, commissaire de la Marine, décédé sans alliance
4 François-Noël-Roch de Nas, lieutenant de vaisseau, capitaine d'une des compagnies franches de la Marine, Chevalier de Saint-Louis, pensionné par le trésor royal sous Louis XVI, mort célibataire,
5 Augustin de Nas, religieux de l'ordre de Cîteaux
6 Claire-Marie  de Nas, religieuse au monastère de la Visitation de Sainte Marie de Toulon
7  Lucrèce, Marquise de Nas
8  Thérèse-Eulalie-Hélène de Nas mariée à Antoine Caudeiron, "escuyer du Roy en la ville de Toulon"

 

 

Jean-Baptiste de Nas, 2e du nom, seigneur de Tourris, capitaine des vaisseaux du Roy, brigadier des armées navales, chevalier de Saint-Louis, fils de François II de Nas et de Françoise  de Bousquet


Jean-Baptiste de Nas, 2e du nom, né au château de Tourris en 1707, Chevalier, seigneur de Tourris, fils de François II de Nas et de Françoise de Bousquet fut un officier remarquable d'énergie et d'entrain. Il devint capitaine des vaisseaux du Roy, Brigadier des armées royales, chevalier  de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. (il semble qu'il convienne de l'identifier avec l'enseigne  du "Léopard" qui, en 1734, refusa d'ôter ses chaussures dans une visite au Dey d'Alger (Cfr. H. Belletrud : Un marin provençal au XVIIIe, de Lyle-Taulane, société d'étude à Draguignan, Tome 1914-1915, page l9). Il épousa, par contrat du 11 octobre 1745,Marie- Thérèse de Lambert-Laval,  fille de noble Nicolas de Lambert-Laval, capitaine des vaisseaux du Roy, et de Marie-Claude Le Normand de Beaumont. Par sa mère, fille du greffier en chef au Grand-Conseil sous le règne de Louis XIV, Marie-Therèse de Lambert-Laval était apparentée aux Salignac-Fénemon et cousine germaine de l'Intendant Général Le Normand de Beaumont, adjoint au ministre de la marine. C'est une alliance brillante, sinon par la fortune, au moins par le rang de la famille dans la haute société parisienne.

 

Après avoir eu deux fils, Jean-Baptiste de Nas et Joseph-Marie de Nas, Marie-Therèse de Lambert-Laval mourut au château de Tourris en 1778.

 

Jean-Baptiste II de Nas mourut à la Valette en 1788, à l'âge de 8l ans, laissant deux fils :

 

Jean-Baptiste-Ange-Thomas de Nas de Tourris, né au château de Tourris en 1747, chevalier, lieutenant de vaisseau, huitième et dernier Nas seigneur du lieu de Tourris. Le 3 juillet l767, il prêta hommage au comte de Provence pour le fief de sa seigneurie de Tourris, (par procuration de Jean-Baptiste de Nas, son père, chevalier, capitaine de vaisseau et brigadier des armées navales de Roy en la ville de Toulon).

 

 

Joseph-Marie de Nas né au château de Tourris en 1748, Chevalier, capitaine-major au régiment de l'Ile de France, Chevalier  de Saint-Louis, auteur commun des deux branches actuelles des Nas de Tourris

 

Au cours de sa longue carrière de marin, Jean-Baptiste II de Nas n'avait pas conquis la fortune. Tourris, d'autre part, devenait moins productif. Le passif, à la fin, se révèle accablant. Aussi par acte passé en l'étude de Me Coulomb, notaire à Toulon, le 20 janvier 1783, Jean-Baptiste Il de Nas abandonna-t-il à ses deux fils, comme remploi de la dot de leur mère Marie-Thérèse de Lambert-Lavat, tous les droits qu'il avait sur le fief, le château et la seigneurie de Tourris. Cet abandon  fut consenti par Jean-Baptiste II de Nas, à la requête des deux fils, en vue d'empêcher que le fief et la seigneurie de Tourris ne fussent la proie des nombreux créanciers de leur père.

 


Jean-Baptiste-Ange-Thomas de Nas et son frère Joseph-Marie de Nas - pressentaient-ils l'orage révolutionnaire et ses suites désastreuses - vendirent, par acte passé le 16 juillet 1785, à M. Joseph Aguillon les terres, seigneurie, fief et château de Tourris, moyennant le prix de 45000 livres. M. Aguillon avait déjà acquis d'un sieur Vaccon une partie du domaine de Tourris, dite Chabertes, achetée quelques années auparavant par Vaccon à Jean-Baptiste II de Nas.

 


Les vendeurs se démirent entre les mains de M. Aguillon de la terre seigneuriale et de tous les droits en dépendant, et l'en investirent  "sauf et réserve de porter, eux et leur postérité à perpétuité, le nom Tourris, sans que le sieur Aguillon, ses hoirs, successeurs et ayant cause ne puissent s'y opposer". Cette  réserve fut expressément acceptée et consentie  par M. Aguillon.

 


Peu de temps  après  la vente, Jean-Baptiste-Ange-Thomas de Nas de Tourris se retira à Marseille, où il résidait déjà depuis son mariage en 1782, avec Rose Giraud de Bonvalon et où étaient nés ses deux enfants. Quant à son frère cadet, Joseph-Marie de Nas de Tourris, il avait quitté la France en 1772, pour se rendre aux Mascareignes ayant été nommé officier au régiment de l'Ile-de-France, ce qui explique pourquoi  il s'était fait représenter par mandataire tant à l'acte de vente de cette seigneurie de Tourris en 1783, qu'à l'acte de vente de cette seigneuirie en 1785. Son séjour à l'Ile-de-France fut de courte durée, car il fut appelé à servir aux Indes contre les Anglais dans la guerre d'indépendance américaine.  Revenu aux Mascareignes, il quitta l'armée après avoir reçu la croix de Chevalier de Saint-Louis, et s'établit à l'île de Bourbon. Le pays lui plut ; il se maria, et y attira son frère aîné, qui vint le rejoindre en 1795. Ce dernier avait quitté la France au moment de la Révolution aux environs de 1790, et avait émigré en Angleterre, où il est resté plusieurs années. Voilà donc les deux frères Nas de Tourris transplantés à l'Ile Bourbon. Ils y fondent deux branches qui se sont entremêlées par plusieurs mariages : cousins et cousines se mariaient entre eux, fiancés parfois tout enfants, tel Paul et Virginie. La branche aînée tomba en quenouille à la XIIIe génération. La branche cadette, au contraire,  se développa avec la belle ampleur des familles coloniales, et se subdivisa en deux branches secondaires, qui sont toutes deux actuellement représentées.


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